Apprendre comme pratiquer la médecine demande du temps.
Du temps « efficace », pendant lequel on est concentré, et pendant lequel le fait de se sentir bien permet d’aller plus loin et plus vite.
La motivation est un des carburants qui permet d’utiliser ce temps pour progresser.
Voyons quelques éléments qui peuvent influencer la motivation.
1) Le pourquoi.
Un pourquoi est fort quand il vous touche profondément, qu’il est en lien avec votre identité, votre personnalité.

Comment agir sur le pourquoi :
- Prenez quelques minutes pour vous questionner et réfléchir sur le pourquoi vous faites ce que vous faites. Qu’est ce que la médecine et les études vous apportent ou vont vous apporter ?
- Il est nécessaire de se rappeler régulièrement ce pourquoi, que l’on peut perdre de vue sous la pression.
2) L’investissement en temps et en énergie :
Même quand on aime travailler, cela demande de l’énergie et du temps.
Même si l’on sait pourquoi on travaille, votre motivation dépendra également de votre niveau d’énergie.
Pour conserver votre énergie :
- Améliorez votre récupération d’énergie : Reposez vous, faites des pauses, faites des activités qui vous ressourcent.
- Diminuez votre perte d’énergie : Facilitez les actions et trouvez un moyen de travailler plus efficacement, organisez vous, faites des pauses.

Comment agir sur l’investissement en temps et en énergie :
Améliorer l’efficacité de votre apprentissage : Faites autant avec moins d’effort, ou plus avec le même effort : Dormez, définissez vos Objectifs , Clarifiez votre apprentissage, Testez-vous, Organisez votre travail, Répétez (Voir les 6 piliers de l’apprentissage).
L’efficacité (= Obtenir plus de résultat en un temps donné) est le meilleur moyen de garder la motivation en évitant d’accumuler la fatigue.
3) L’utilité : Le fait de produire quelque chose à partir de l’apprentissage.
Il faut vraiment être passionné pour apprendre quelque chose qui n’a pas d’utilité directe ou visible.
Simplement parce qu’il n’y a pas de sens. Les passionnés trouveront un sens « interne », sans avoir besoin d’application ou d’utilisation concrètes.
Si un sujet ne vous passionne pas, augmentez son « utilité ».

Prenons un exemple hors médecine :
Seriez-vous plus intéressés d’apprendre l’Anglais ou le Suedois ?
Et pour quelles raisons ?
Que ce soit une langue ou l’autre, l’utilité dépendra de votre entourage, de votre histoire, de votre volonté de voyager dans le pays, des opportunités personnelles et professionnelles que cela vous donnera.
Mais vous pouvez également enrichir cette utilité pour vous motiver.
Ainsi si l’on vous « impose » d’apprendre le suédois, c’est le moment de trouver des amis suédois, de regarder ce qui pourrait vous intéresser lors d’un voyage en Suède, d’en apprendre plus sur la culture suédoise. Tout ce qui pourrait vous accrocher à l’apprentissage.
L’utilité d’un savoir n’est pas toujours évidente d’emblée. Chercher l’utilité d’un savoir est un bon moyen d’augmenter sa motivation en donnant lui du sens.
Utilité d’un savoir médical :
- Soigner des patients (Grande révélation !). C’est quand les savoirs sont éloignés de votre vision du soin qu’il faut se trouver des éléments d’accroche.
Quand une maladie que vous considérez rare ne vous intéresse pas, apprenez en priorité ce qui vous concerne. En tant que médecin généraliste, il est probablement plus pertinent de savoir les actions importantes à faire devant une polyarthrite (Plusieurs articulations gonflées) que de connaitre la classification des types d’atteintes rénales du Lupus que vous ne traiterez jamais. C’est déjà une première étape qui vous permettra d’appréhender mieux la suite…
- Partager : Enseigner, expliquer, vulgariser, promouvoir. Tout le monde est intéressé par la santé. Donc tout ce que vous apprenez peut potentiellement enrichir les conversations avec vos proches (même non médecin).
- Créer : Personnellement, le savoir médical me permet d’inventer des histoires et des scenarios de jeu en rapport avec la biologie et la santé. Mais d’autres peuvent également utiliser ce savoir pour dessiner, créer des vidéos, écrire des histoires, sculpter des maquettes…
- Impact personnel : Le fait d’apprendre, de retenir des concepts, de voir des nouvelles choses vous stimule intellectuellement ? Vous permet de vous challenger ?
4) La conscience de progresser et de réussir :
Vous êtes efficace, reposé, vous trouvez une utilité à ce que vous apprenez.
Mais malgré tout, avec le stress et la montagne que vous avez devant vous, vous avez l’impression que vous n’y arriverez pas, que c’est impossible. Les émotions négatives vous montreront que le mauvais côté de la réalité.
A ce moment, il sera bon d’avoir des critères « objectifs » d’évolution. Des sortes de preuves que vous progressez, et vos efforts valent quelque chose.
Ce que j’appelle des « Balises », dont la chronologie vous permettra de voir l’évolution positive.

Il est important d’être le plus « objectif » possible avec ces balises.
Par exemple, « Je ne comprend rien à l’hématologie » (marqué dans la balise numéro 1) n’est pas clair.
L’on risque tous de se dire un jour que l’on ne « comprend rien » suite à un échec ou à une mauvaise expérience.
Il faut préférer quelque chose du genre « Je n’ai pas pensé à la carence martiale lors d’un cas clinique avec une anémie ».
Collectionner
- Gardez des anciens comptes rendus médicaux. Voyez à quel point vous avez progressé au cours de l’apprentissage.
- Gardez les réponses de cas cliniques que vous avez faits anciennement. Les notes ne vous apprendront rien seules, prenez vraiment les réponses et leur sens.
En conclusion :
La motivation est indispensable et sera mise à rude épreuve durant les études de médecine.
- Trouvez et gardez en tête les raisons qui font que vous travaillez en médecine.
- Améliorer son efficacité d’apprentissage est un moyen de préserver votre énergie, et donc votre motivation.
- Chercher les utilités supplémentaires aux savoirs permettra de donner du sens à votre apprentissage.
- Garder des preuves de votre évolution positive permet de rester motivé malgré les difficultés.