L’estime de soi et les étiquettes

Est-ce que j’ai de la valeur ? Si vous vous posez cette question, vous n’êtes pas le/la seul(e).

On compte les mots et les points

Chaque mot que nous utilisons est associé à un jugement de valeur qui dépend de notre histoire et de notre culture.

Être « sportif » sera de valeur positive et être « drôle » également pour une personne, alors que le fait d’être « intelligent » ou d’être « rigoureux » sera plus important pour une autre. Et peut être que certains se fichent d’être « sportif » ou « rigoureux » parce qu’ils préfèrent être « créatifs »

Au fur et à mesure de nos expériences de vie, l’on va définir les étiquettes qui ont de la valeur et celles qui ont moins ou pas de valeur.

Et également, on va définir s’attribuer nos étiquettes ce qui donnera un nuage de points positifs et négatifs que l’on utilise pour définir notre valeur.

En rouge, ce que je considère comme baissant ma valeur.
En vert ce que je considère comme augmentant ma valeur.

Tous les œufs dans le même panier :

En médecine, comme dans tous les métiers exigeants et qui demandent un investissement important en temps, on va assister à une réorganisation des étiquettes que l’on se met. Vu qu’on n’a pas forcément (pris) le temps d’entretenir les différentes étiquettes de sa vie, on peut se retrouver dans ce genre de situation.

L’étiquette « médecin » prend une place relative plus importante que les autres aspects de notre identité

L’attaque de l’identité

Et puis il va arriver le moment inévitable où l’on n’est pas, professionnellement parlant, à la hauteur de nos espérances.

Parce qu’on a fait une erreur ou parce qu’on n’a pas fait aussi bien que ce que l’on aimerait, on peut penser (à tord) que cela remet en question notre étiquette de bon médecin.

A ce moment, il y a plus de rouge que de vert… Et ce n’est pas facile à vivre.

Le fait d’avoir d’autres étiquettes positives nous permet d’être plus stables dans l’estime que nous nous portons. Si nous résumons notre identité à celle d’un médecin (et négligeons le reste) le risque est de très mal vivre chacun de nos mauvais moments dans le domaine professionnel.

1) Ré-équilibrer ses étiquettes :

Cela peut paraitre dur, mais je pense qu’il est important d’entretenir plusieurs aspects positifs de sa vie pour avoir une estime de soi plus haute et plus stable.

Pour ne pas se trouver « nul » ou « sans valeur » au gré des situations complexes professionnelles qui seront difficiles un jour ou l’autre.

Voyez vos amis, faites du sport, faites de la musique, apprennez le dessin, jouez des parties d’échec (ce ne sont que des exemples)…

Faites les choses que vous aimez et que vous associez à une vision positive de vous même.

Le chemin de la médecine est long et nécessite de le vivre au mieux.

2) Dissocier comportement et identité :

Par ailleurs, le fait de faire une erreur ne fait pas de vous un mauvais médecin. Beaucoup de choses peuvent influencer vos résultats au jour le jour, et vous pouvez toujours progresser et faire mieux au cours du temps. (Voir l’article comportement et identité).

Parler du concept de l’estime de soi en quelques paragraphes n’est pas simple. Je vous conseille le livre « Imparfait, libre et heureux » de Christophe André pour en savoir plus.

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