Notre cerveau est limité. Je sais, c’est pas très vendeur. Mais il y a des manières de faire qui améliorent son efficacité.
Notamment, le découpage et le classement de l’information a un impact sur l’apprentissage et la récupération des informations apprises.
Le sentiment de finition
On peut avoir l’impression d’avoir avancé plus après avoir travaillé peu (45minutes pour faire un petit chapitre) qu’après avoir travaillé plus (2heures pour faire une plus grosse partie).
Cela dépend de l’objectif que nous nous sommes donné avant d’aller travailler.
Se prévoir de réviser « toute une matière » (Genre « Aujourd’hui je fais la neurologie ») en une après-midi se soldera le plus souvent par une fatigue et également par le sentiment de ne pas avoir réussi parce que l’objectif était trop volumineux.
Le sentiment de réussir est important car il vous tient lié positivement à ce que vous apprenez et vous permet de rester motivé.
Il est donc mieux de réaliser jusqu’au bout des petites parties que de s’arrêter au milieu de gros blocs.

Puisque nous avons besoin de finir, nous devrions choisir des tâches que nous sommes capables de finir pour répondre à ce besoin.
La plupart des matières (voire même certains cours) sont tellement long qu’il y a un intérêt à les faire en plusieurs fois en se donnant comme objectif une partie du travail pour apprendre mieux.
Couper en petites parties permet de mieux diviser le travail, de plus souvent le finir et donc c’est plus motivant.
« At least reduce the list » /
Au moins réduire les listes
La médecine comprend beaucoup de listes à apprendre.
Ces listes, ce sont les causes des maladies, les examens à prescrire, les traitements… Et après avoir appris, l’utilisation de ces compétences passe également par des listes.
Indépendamment des autres paramètres, plus la liste est grande plus il est difficile de l’apprendre. Et de plus, de retrouver l’information spécifique dont on a besoin plus tard.

Réduire les listes au quotidien :
L’apprentissage n’est pas seulement l’affaire des études : Tous les jours dans votre pratique, vous avez besoin de retenir des informations sur le court terme pour les comprendre et ensuite agir.
Rendre l’information plus utilisable permettra une meilleure efficacité au quotidien. Et également pour vos interlocuteurs qui sont des humains comme vous (à priori).

Les modèles et les plans :
Les modèles sont des représentations de la réalité qui permettent de raisonner.
Pendant un temps je fus contre les modèles, de peur de ne pas « tout prendre en compte » et que « cela corresponde pas assez à la réalité. »
Mais après réflexion, notre mémoire ayant des limites, l’utilisation de procédés pour se souvenir mieux même de choses incomplètes peut valoir le coût.
Les plans sont une sorte d’organisation, qui peuvent être notamment des modèles.
Ces modèles peuvent servir de « Sacs » pour vos connaissances :
Nous avons déjà, dans nos cours de médecine, des « plans »/ »sacs »/ »modèles » qui nous aident à retenir. Mais quelquefois certains sont plus adaptés que d’autres.
Dans la plupart des cours, on a le plan :
- Définitions
- Épidémiologie
- Physiopathologie.
- Clinique
- Examens complémentaires
- Diagnostic différentiel
- Traitement
- Surveillance
Moyen mnémotechnique : Juste des sacs ?
Quand on pense à la mnémotechnique, on pense au moyen le plus couramment utilisé qui est l’acronyme. Il y a d’autres moyens mnémotechniques que j’aborderai dans un autre article, qui ont leurs forces et leurs faiblesses.

Les avantages de ce genre de moyens mnémotechniques sont :
- L’indiçage : Chaque lettre permet de retrouver plus facilement le concept qui y est lié.
- Permet de retenir des choses sans logique (que la personne qui peut expliquer la logique de pourquoi la sarcoïdose touche ces organes là et pas les autres m’envoie un mail !) comme c’est le cas dans plein de maladies notamment systémiques.
- C’est une manière de faire des sacs, c’est une sorte de plan pour apprendre plus facilement. Chaque lettre correspond à un compartiment.
Le mieux est qu’un moyen mnémotechnique de ce style soit exhaustif, c’est à dire qu’il permette de retenir toutes les infrmations sans en oublier. Mais ce n’est pas toujours possible ou cela demande plus de temps pour le créer.
Quel est le meilleur plan ?
Le meilleur plan c’est d’avoir un plan.
C’est sûr qu’il y a des plans plus efficaces pour certains cours que d’autres, mais comme beaucoup de concept en mémorisation cela dépend de chaque personne.
Deux modèles que j’utilise pour apprendre et enseigner :
Ces modèles sont utilisés spontanément par une grande partie d’entre nous.
1) Modèle Quantitatif.
Ce que vous avez sur votre compte en banque dépend de l’argent que vous gagnez et de ce que vous dépensez.
Quand on manque de quelque chose, c’est que …
- Soit on en n’a pas assez « créé »
- Soit on l’a perdu
- Soit il n’est présent mais pas au bon endroit.
Si vous regardez votre compte en banque et que vous n’avez pas beaucoup d’argent :
- C’est peut être que vous n’en gagnez pas assez.
- Ou que vous en dépensez trop.
- Ou qu’en fait il est sur un autre compte.

La quantité de quelque chose dépend de la part de gain ou de perte.
Cela vaut pour l’argent, les globules rouge, le potassium, le sodium…
Le modèle quantitatif est le plan « Gains / pertes » qui permet de classer les informations quantitatives c’est à dire ce que vous pouvez chiffrer.
Pour utiliser ce modèle vous avez besoin :
- De savoir les conséquences de l’augmentation ou de la diminution de la variable pour comprendre les enjeux.
- De savoir comment elle est régulée ou modifiée dans l’organisme. C’est la partie qui demande de connaître les bases physiopathologiques.
- Puis de s’intéresser à l‘augmentation et la diminution de chaque variable.
Voici les cours dans lesquels ce modèle peut être utilisé :
Pour le ionogramme : Hypokaliémie / Hyperkaliémie, Hypercalcémie / Hypocalcémie, Hyperhydratation / Deshydratation, Hypoglycémie / hyperglycémie.
Pour l’hématologie : Cellules (Anémie / Polyglobulie, Hyperleucocytose / Neutropénie, Thrombopénie/thrombocytose), Hémostase (« Hypocoagulation »).
Autres variables biologiques : Ferritinémie, Bilirubine…
Variables cliniques : Amaigrissement / prise de poids, Hypotension / hypertension.
Modèle quantitatif pour le globule rouge (exemple)
- A quoi sert le globule rouge ?
- Du coup, qu’est-ce que cela fait si on en n’a pas assez ?
- Comment est-il produit ?
- Comment fait-on pour savoir si la production est normale ou anormale ?
- Quelles sont les causes d’anomalie de production ?
- Traitements des anomalies de production ?
- Comment peut-il être « perdu » ?
- Comment fait-on pour savoir si les globules rouges sont perdus ?
- Quelles sont les causes des pertes de globule rouge ?
- Traitements des causes des pertes de globule rouge.

Toute l’anémie est dans ces 3 grandes causes.
2) Modèle chronologique
Le modèle « Passé, présent, futur » est connu de tous. Tout est inséré dans une chronologie. Il y a un passé / origine / cause, un présent et un futur / conséquence.

Ce modèle peut être utilisé pour tous les Items et les problématiques puisque toute chose a une chronologie.
L’avantage de réfléchir en tant que chronologie est de bien connaître les enjeux d’une maladie.
Si on prend l’hypertension artérielle par exemple

Le modèle chronologique permet simplement d’avoir une carte large et de vite voir les enjeux d’une maladie.
La Mind Map / cartes mentales.
Les cartes mentales sont des représentations visuelles de parties et de sous-parties liées à un concept.

Créer une Mind Map permet de classer les informations de manière logique. En réfléchissant à la manière d’agencer les informations, on les apprend déjà !
Du fait de l’organisation en « grappes » (Une division va donner d’autres divisions qui vont donner d’autres divisions) il est beaucoup plus facile de retrouver toutes les informations au final.
En revanche je ne conseille pas d’apprendre à partir de Mind Map d’autres personnes (déjà faites) car il est plus important de faire le cheminement par soi-même.
Même si notre mémoire visuelle permettra d’avoir un tableau de bord, ils est plus important d’avoir fait les liens logiques soi-même.
On peut en revanche comparer à des Mind Map existantes après avoir fait la sienne.

Pour la restitution de connaissances, faire cette mind map à partir des premiers embranchements et écrire chaque partie peut être un bon moyen de savoir où l’on a des difficultés pour revoir.
En conclusion :
- Un moyen simple de mieux apprendre est de réduire les blocs d’informations.
« At least reduce the list » - Une information classée s’apprend mieux, et se retrouve plus facilement.
- Il y a plein de manières de classer les informations. Les meilleures sont celles qui vous parlent le plus.
- Le fait de réfléchir au classement des informations, c’est déjà un apprentissage.
- Les Mind Map permettent une représentation plus facilement utilisables des informations classées.