Avoir confiance en soi (ça s’apprend)

« Il n’a pas confiance en lui » est toujours faux si on l’exprime comme ça.

D’une part parce que la confiance dépend du domaine de compétence (Je peux avoir confiance dans mon travail mais pas dans ma conduite automobile).

Mais également parce que la confiance est dynamique, elle change au cours du temps.

Pour parler de ce qui change la confiance en soi, je vais utiliser le même plan que la « théorie du sentiment d’efficacité personnelle » de A. Bandura.

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4 piliers de la confiance en soi :

La confiance en soi bien dosée c’est savoir quand on peut faire et quand on ne peut pas faire les choses…

1) Réussites personnelles passées :
L’exemple de soi-même

« Je l’ai déjà fait, donc je pense/sens que je peux le faire« .

L’apprentissage de la confiance… en son apprentissage :

La confiance en l’apprentissage peut se construire à chaque fois que nous réussissons quelque chose de nouveau et que ça marche.

Si chaque fois que nous faisons quelque chose de nouveau cela ne marche pas / on nous met une pression trop forte… on apprendra surtout à ne rien faire de nouveau parce que ça marche pas ou c’est dangereux.

Puisqu’il y a toujours une première fois, nous devons apprendre à tenter des premières fois.

Le fait de regarder en arrière et de comparer à la situation actuelle permet d’avoir conscience de notre évolution, et donc d’avoir plus confiance en notre possibilité d’apprendre. Nous avons eu dans notre passé des tonnes de « premières fois ».

Les exemples personnels de réussite passée augmentent la confiance en soi.
D’autant plus quand il s’agissait du même domaine de compétence.

L’apprentissage de la confiance en ses compétences.

Le fait d’être confronté à un problème et de réussir à le résoudre augmente sa confiance en soi pour résoudre les problèmes futurs de même type.

Plus on est proche des conditions « réelles », plus on construit de confiance en soi.

Par exemple, un examen « blanc » qui se déroule dans les mêmes conditions que l’examen final, est un moyen d’avoir plus confiance en soi.

Un apprentissage théorique solide (très important en médecine) ne permet pas d’avoir une confiance en soi parfaite simplement parce que les livres / les cas cliniques ne correspondent pas parfaitement à la réalité. C’est donc normal de ne pas avoir confiance en soi lors des premières applications de ce savoir en condition réelle. L’enseignant doit donc confronter l’élève à des « situations réelles » à un moment de l’apprentissage.

Les moyens :

Vous n’arrivez pas à réaliser la première étape de quelque chose que vous voulez faire ?

Alors armez vous : De conseils, d’outils, de renseignements, d’informations sur les étapes que vous avez probablement sauté. Dans ce cas, il serait dommage de ne plus avoir confiance en soi alors que vos compétences ne sont pas le problème.

Quelquefois, la solution c’est qu’il manque un élément pour y arriver. Quelquefois, cela n’a rien a voir avec vous.

Curseur de la réussite :

Comme dans beaucoup de solutions : La clef est dans le dosage.

Un premier problème arrive lorsque les exigences sont trop élevées et que l’on ne considère comme un succès que les résultats exceptionnels.

Il y a des exigences élevées en médecine, et on peut se dire que comme on ne réussi pas des choses irréalisables, on est donc pas capables.

Revoyez à la baisse vos exigences quand elles sont surnaturelles.

Si on considère comme une réussite seulement une haute performance, on n’apprend pas à se sentir capable

Le deuxième point important est d’instaurer une difficulté progressive.

Au début, l’élève apprend qu’il peut progresser et qu’il est capable de faire les choses. Et petit à petit, il devient compétent avec des exigences qui correspondent au métier réel et à ce qui est réalisable.

2) Apprentissage social :
L’exemple des autres.

« Si quelqu’un comme moi peut le faire, alors je peux le faire« .

Le fait d’avoir des exemples de réussite proches de soi va augmenter la confiance en le fait de réussir dans les mêmes domaines.

Cela est d’autant plus important que l’on n’a pas encore la possibilité de tester et d’expérimenter : Les autres sont des exemples qui vont déterminer le champ des possibles.

Se sentir « proche » ou « éloigné(e) » d’un exemple peut se faire sur plein de critères.

S’il existe des réussites dans l’environnement social (« D’autres enfants arrivent à lacer leur chaussures ») mais qu’il y a des différences visibles (« Mais ils sont plus grands ») cela procurera moins de confiance.

Quand on a des doutes sur ses possibilités, il peut être bon de rechercher d’autres personnes proches qui ont réussi (« Mon cousin que j’aime bien a aussi un diabète et finalement il s’en sort bien avec ses médicaments »).

Le fait qu’un élève pense que son professeur est « fort et intelligent » peut donc potentiellement être un frein à l’apprentissage (« Il y arrive mais c’est parce qu’il est fort et intelligent »). Il y a donc potentiellement un intérêt à « ne pas trop briller » auprès de ses élèves.

Les apprentissages en groupe ont l’avantage de nous montrer d’autres personnes « de même type » réussir et donc de se dire « Pourquoi pas moi ? ».

3) Etat émotionnel

« J’ai peur, donc je ne peux pas le faire » ou « Je suis content donc je peux faire« .

Nos émotions influent sur nos pensées et peuvent avoir un lourd retentissement sur nos décisions et notre confiance.

Inversement, le fait d’avoir peu de confiance en soi peut également provoquer des émotions négatives. Se sentir capable est important pour notre état émotionnel.

Dans les périodes de transition (les « nouveaux endroits », les « nouvelles activités ») il est judicieux d’avoir un environnement bienveillant qui permettra de ne pas être surchargé en émotions qui diminuent confiance en soi.

L’humeur influe sur notre confiance en nous.
Dans les extrêmes (Episode maniaque / dépressif par exemple), on n’est plus lucide sur la situation.

J’en profite pour rappeler que, quand l’humeur est déréglée de manière prolongée et excessive, le plus important est de consulter un professionnel de santé (Médecin généraliste, Psychiatre, psychologue) et de régler ce problème qui empêche d’avoir une confiance stable qui permet d’avancer.

4) Persuasion par autrui

« Il me dit que je peux le faire, donc je peux le faire« .

Ce que l’on dit a un impact, mais également la crédibilité / légitimité.

Quand on essaie de persuader (à raison !) quelqu’un qu’il peut faire des choses, le fait de bien comprendre la situation, d’avoir des connaissances, d’avoir une certaine légitimité modifie l’impact de ce qui est dit.

Pour être crédible, il faut que le message semble adapté à la situation et pas une réponse automatique de réassurance.

Au mieux, il est bon de s’appuyer sur des critères « objectifs » ou du moins « observables » quand on essaie de booster quelqu’un.

« Tu travailles bien » n’est pas pareil que « Tes dossiers sont bien tenus »

Et pas encore pareil que « Comme les antécédents des patients sont marqués clairement, on retrouve les informations et du coup c’est agréable de travailler dans ces conditions ».

Les méchants mots

Cela veut aussi dire que des gens vont vous dire à un moment que « C’est nul », « tu fais n’importe quoi », « c’est ni fait ni à faire » etc. Et cela joue forcément sur la confiance en soi.

C’est encore plus important à ce moment de s’attacher à des critères observables, puisque « c’est nul » ne dit pas comment faire mieux. Mais quand les gens ont de « bonnes raisons » de vous parler durement ils devraient être capables de vous les expliquer.

Conclusion :

  • La confiance en soi s’apprend auprès de soi même : Le passé nous fourni des exemples.
  • On l’apprend aussi auprès des autres : Notre entourage nous fourni des exemples.
  • Elle est influencée par nos émotions.
  • Les mots des autres ont un impact sur notre confiance en nous.

L’estime de soi et les étiquettes

Est-ce que j’ai de la valeur ? Si vous vous posez cette question, vous n’êtes pas le/la seul(e).

On compte les mots et les points

Chaque mot que nous utilisons est associé à un jugement de valeur qui dépend de notre histoire et de notre culture.

Être « sportif » sera de valeur positive et être « drôle » également pour une personne, alors que le fait d’être « intelligent » ou d’être « rigoureux » sera plus important pour une autre. Et peut être que certains se fichent d’être « sportif » ou « rigoureux » parce qu’ils préfèrent être « créatifs »

Au fur et à mesure de nos expériences de vie, l’on va définir les étiquettes qui ont de la valeur et celles qui ont moins ou pas de valeur.

Et également, on va définir s’attribuer nos étiquettes ce qui donnera un nuage de points positifs et négatifs que l’on utilise pour définir notre valeur.

En rouge, ce que je considère comme baissant ma valeur.
En vert ce que je considère comme augmentant ma valeur.

Tous les œufs dans le même panier :

En médecine, comme dans tous les métiers exigeants et qui demandent un investissement important en temps, on va assister à une réorganisation des étiquettes que l’on se met. Vu qu’on n’a pas forcément (pris) le temps d’entretenir les différentes étiquettes de sa vie, on peut se retrouver dans ce genre de situation.

L’étiquette « médecin » prend une place relative plus importante que les autres aspects de notre identité

L’attaque de l’identité

Et puis il va arriver le moment inévitable où l’on n’est pas, professionnellement parlant, à la hauteur de nos espérances.

Parce qu’on a fait une erreur ou parce qu’on n’a pas fait aussi bien que ce que l’on aimerait, on peut penser (à tord) que cela remet en question notre étiquette de bon médecin.

A ce moment, il y a plus de rouge que de vert… Et ce n’est pas facile à vivre.

Le fait d’avoir d’autres étiquettes positives nous permet d’être plus stables dans l’estime que nous nous portons. Si nous résumons notre identité à celle d’un médecin (et négligeons le reste) le risque est de très mal vivre chacun de nos mauvais moments dans le domaine professionnel.

1) Ré-équilibrer ses étiquettes :

Cela peut paraitre dur, mais je pense qu’il est important d’entretenir plusieurs aspects positifs de sa vie pour avoir une estime de soi plus haute et plus stable.

Pour ne pas se trouver « nul » ou « sans valeur » au gré des situations complexes professionnelles qui seront difficiles un jour ou l’autre.

Voyez vos amis, faites du sport, faites de la musique, apprennez le dessin, jouez des parties d’échec (ce ne sont que des exemples)…

Faites les choses que vous aimez et que vous associez à une vision positive de vous même.

Le chemin de la médecine est long et nécessite de le vivre au mieux.

2) Dissocier comportement et identité :

Par ailleurs, le fait de faire une erreur ne fait pas de vous un mauvais médecin. Beaucoup de choses peuvent influencer vos résultats au jour le jour, et vous pouvez toujours progresser et faire mieux au cours du temps. (Voir l’article comportement et identité).

Parler du concept de l’estime de soi en quelques paragraphes n’est pas simple. Je vous conseille le livre « Imparfait, libre et heureux » de Christophe André pour en savoir plus.

Comment j’ai (mal) vécu mon internat

Le manque de rigueur :

Pour plaisanter, je racontais souvent que l’école et mes études ne m’avaient pas donné ce dont j’avais besoin. Car depuis les instituteurs de l’école primaire jusqu’à mes chefs de service, on me racontait toujours la même chose :

« Tu manques de Rigueur ».

S’est développée, martelée par des années de répétition, la croyance que je ne pouvais pas faire les choses de manière « organisée », que je ne pouvais pas être « carré », et chaque fois que l’on me disait qu’il fallait être rigoureux, je me disais que j’étais « sans espoir », et qu’il fallait faire différemment ou autre chose…

Je me disais, au cours de mes études, que peut-être je n’avais pas bien choisi ma voie : Pour la médecine, il faut de la rigueur. Si je n’avais pas fait médecine, peut être que j’aurais pu faire quelque chose de plus libre, travailler avec les mots, l’expression, la créativité. Peut être plutôt coach ou enseignant ?

Se noyer n’apprend pas à nager :

J’ai commencé mon internat en hôpital de jour d’oncologie digestive, où j’ai prescrit des chimiothérapies avec des protocoles déjà pré-établis pour des patients.

Le premier traitement que j’ai prescrit lors de mon internat était donc un « FOLFIRINOX », association de médicaments de chimiothérapie.

Autant vous dire que dans ma tête, ma responsabilité était grande. J’avais peur de faire les mauvais choix, peur de ne pas avoir vu une information importante, peur d’oublier ce qui est capital. Peur que, dans mon manque d’organisation et de rigueur, les patients en paient le prix.

J’avais peur de prendre la moindre décision et je reportais à plus tard les problèmes pour ne pas faire d’erreur.

Après plusieurs heures ou plusieurs jours, contre toute attente, la situation ne s’était pas améliorée d’elle même…

Je ressentais que mes chefs et mes co-internes voulaient être présents pour m’aider mais je ne me sentais pas aidé, et je me disais que j’étais pas normal, que les gens « normaux » réussissent habituellement…

On me conseillait de mieux nager alors que j’étais en train de me noyer, incapable d’entendre

Rentrant chez moi à plus de 20h00 chaque jour, je me disais :

  • Dans les premières semaines, que « je vais progresser », que « avec le temps ça va aller », « c’est dur mais c’est normal au début »… Je répétais des phrases prononcées par mes co-internes et chefs qui se voulaient bienveillants, mais que je ne croyais pas.
  • Et au cours du temps que je ne voulais pas y retourner demain, que de toutes façons ça ne servait à rien pour ma formation, et que « comme je suis dangereux il vaut mieux que j’arrête ».

Je remplissais mes heures libres avec des pizzas et des jeux vidéos, qui me permettaient de tenir sur le coup. Mais au final, cela ne me permettait pas de me sentir mieux à postériori, et même cela me montrait que je m’éloignait de ce que je voulais devenir.

Les rayons d’espoir dans l’enfer de l’hôpital :

Il y avait les externes. Des gens plus jeunes qui étaient là pour apprendre, et qui étaient un peu mes piliers pour me sentir bien malgré la charge de travail. Et malgré la permanente pensée que j’étais inefficace et mauvais.

Ces externes me permettaient de retrouver le sens et l’intérêt dans mes journées lors des moments où j’essayais de leur expliquer des concepts, des maladies. Là, au moins, je me sentais plus utile que lors des visites qui étaient trop lourdes pour moi. Et ils faisaient de leur mieux pour m’aider.

Parlons de natrémie…

Moi, à mon externe pendant une visite…

Et puis il y avait les patients, pour lesquels j’étais intéressé de leur vision des choses, de leurs ressentis et de ce qu’ils avaient à exprimer, particulièrement dans le service de gastroentérologie où les maladies dramatiques rendaient leur expérience poignante. Puisqu’ils avaient beaucoup de choses à dire, je me sentais utile à les écouter.

Les moments passés avec les externes et les patients me permettaient de résister à la pression

Dans tous ces moments qui me donnaient un peu d’espoir, mon travail de médecin n’avançait pas beaucoup et je payais le prix du temps que j’avais investi dans les moments qui me convenaient mieux.

Régulièrement, le soir, je me disais que si un jour j’arrête la médecine, je ferai de l’enseignement ou de l’accompagnement. Je regardais des vidéos sur le coaching ou sur la pédagogie…

Expériences difficiles et paroles assassines :

Perdu dans la difficulté de l’internat, j’avais demandé conseil à un de mes chefs de médecine ce que je devais faire pour progresser.

Une demi-heure de discussion pour me dire que « Si l’on n’est pas capable d’aligner des traitements avec des antécédents, il faut changer de métier », « Que de faire cardiologie, par exemple, est un bon moyen de ne pas se perdre, parce qu’il n’y a que 10 diagnostics », que je ne suis « pas le plus nul des internes, il y en a eu des pires » et que « L’internat c’est de l’auto-formation, quand on rentre chez soi il faut travailler ».

Après ces paroles méprisantes et pleine de dédain, je ne me sentais toujours pas aidé, et travailler mes cours pendant les soirées où j’étais épuisé ne m’apportait que peu de satisfaction…

Tellement que j’ai pris des « vacances » pendant lesquelles je me suis mis à lire de articles de médecine, persuadé que de toutes façon mes chefs et mes stages ne me permettraient pas de faire face.

Emploi du temps en vacances imaginé à ce moment pour régler mon problème : Mauvaise solution…

Je ne devais pas convenir non plus à mes chefs d’infectiologie. Lors des visites, la plupart ne me regardaient même pas quand ils me parlaient, cantonnés à la résolution des problèmes des patients.

Mes tentatives de blague n’étaient pas bienvenues, et plutôt de me dire directement ce qui n’allait pas, on préférait laisser certains de mes co-internes, témoins de discussions avec des chefs, me raconter que j’étais une personne à problème…

Il faut noter également que tous ces gens avaient eux aussi leurs difficultés, leurs pressions et ne sont probablement pas conscients de ce qu’ils dégageaient. J’étais incapable de voir leur point de vue du fait de mes propres problèmes.

En dehors de ces situations, les gens avaient plutôt une bonne opinion de moi, que je ne savais pas entendre le plus souvent.

Le premier changement notable :

Mon stage de réanimation (7ème semestre !) était un véritable changement dans ma philosophie.

Je me rendais compte tous les jours que j’étais à côté de la réalité, mais au lieu de simplement me dire que je n’arriverai pas à faire les choses, j’ai commencé à me concentrer sur les solutions. J’avais des chefs sécurisants, qui me montraient mes difficultés, mais avec lesquels je pouvais parler de mes ressentis sans crainte.

A ce moment, j’étais en train de lire un livre, « L’obstacle est le chemin » de Ryan Holliday.

J’en suis venu à la conclusion que le temps que je passais à me plaindre ou à me focaliser sur mon problème en me punissant d’insultes n’allait rien améliorer.

Petit à petit, j’ai essayé de mettre en place des solutions…

Apprendre plus de cours n’allait pas vraiment améliorer mes problèmes qui étaient plus de l’ordre de ce que je pensais et de ce que je ressentais.

Briser mes chaines :

Mon stage en biochimie métabolique (8ème semestre) et mes cours de DU de maladies métaboliques me plaisaient vraiment, et je retrouvais la biologie cellulaire, les enzymes et autres choses qui m’avaient passionné pendant les premières années de médecine.

Me voilà dans un champ vaste, où il faut beaucoup apprendre, et il faut penser à l’avenir, au poste : Publier, faire un M2, peut être même une thèse de science, et après on pourrait développer telle ou telle activité…

Les aléas de la vie m’ont fait remettre en question tous les plans de mon futur. Quand je pensais à ce que j’aimais, ce qui était important pour moi, ce que je souhaiterais si tout était possible… Et que je comparais avec ce que j’étais en train de faire de ma vie…

Pour faire ce constat, il faut un temps qui nous est rarement donné en médecine…

J’ai vu un décalage tel que j’ai changé de cap. La médecine ne m’offrait toujours pas ce dont j’avais besoin, et j’étais en train de réaliser une vie qui n’étais pas la mienne. Alors il était temps de changer, quelque soit le chemin parcouru dans la mauvaise direction, il faut savoir faire demi-tour… même si c’est dur.

Mon stage à Paris en médecine interne m’a donné un environnement professionnel unique, où je me sentais bien avec mes co-internes, mes chefs, les infirmières, les pathologies rencontrées. Et malgré cela j’aspirais à autre chose.

Mon dernier stage se passe, et je suis ailleurs. Je n’imprime pas vraiment ce que l’on me dit malgré la charge de travail plus légère et les chefs compréhensifs et bienveillants qui essaient de m’apprendre des choses. Je me concentre sur la réalisation de ma thèse, qui sonnera pour moi comme une libération.

Le calme après la tempête :

Après mon internat, malgré le fait que j’avais décidé de faire autre chose, il y a besoin de médecins partout et il faut avoir un peu d’argent pour développer ses projets.

Ayant peur de me lancer en tant que « médecin sénior » dans un service de pathologies aigues et de ne pas réussir à gérer, je prends un contrat en SSR gériatrique dans un petit village qui m’accueille avec bienveillance et grande hospitalité.

Je me rends compte alors que, n’ayant plus de compte à rendre qu’à moi même, les décisions sont toujours un peu stressantes, surtout que c’est la première fois que je suis mon propre chef.

Je commence doucement, puis quand c’est bon je passe à la difficulté supérieure

Mais je me rend compte que tout se passe bien.

Quand je ne sais pas quelque chose, je regarde sur internet les recommandations. La pratique est faite d’incertitudes mais on a les ressources pour les compenser. On peut discuter avec les collègues pour avoir leur point de vue, ils savent ou ne savent pas, ce n’est pas un problème, on trouvera la solution. Quelquefois, le week-end, je me prends 2 heures pour réviser un point qui me pose problème.

Je finis mes journées et ma liste est cochée en entier, je la jette à la poubelle sans la recopier avant, pour la première fois depuis le début de mon internat.

Je me décide à travailler dans un service « aigu », et là aussi, tout se passe bien. Les collègues médecins, les collègues IDE et les patients me renvoient une image positives de ce que je fais et de mes actions.

Jamais je n’aurais pensé que je pourrais arriver là où je suis arrivé !

Les étiquettes que l’on peut mettre sur notre tête, à tous.

En conclusion :

  • Tout ce que je me suis dit pendant 20 ans, concernant le fait d’être nul, de ne pas pouvoir réussir, de ne pas être normal, de ne pas pouvoir être organisé était faux.
  • Si je devais refaire mon internat, je passerais plus de temps à me reposer et à décompresser avec des activités que je serais fier de réaliser. Je chercherais à faire les choses une par une pour ne pas me « noyer ».
  • Je me suis engagé dans des études sans en comprendre a priori ce qui était important pour moi. Je suis allé dans le sens de valeurs qui n’étaient pas les miennes.
  • Les moments que j’ai préférés sont des moments où je n’avait pas ma casquette de « médecin » mais celle d’un « enseignant » ou « interlocuteur »

J’ai serré des mains et des dents

J’ai serré des mains et des dents
J’ai essayé d’être humain et aidant.
J’ai fourni des efforts quand je me sentais faible
J’ai vécu des fables qui m’ont rendu plus fort.

Exposé à la colère et aux rayons solaires.
J’ai vu de la peur et de l’honneur.
Exposé à la reconnaissance et à l’impuissance.
A des moments d’obscurité et de clarté.

Malgré les prises en charge en procession,
La profession nous garni en confessions,
Patients et soignants m’ont donné de l’humanité,
Sont nés des souvenirs et des amitiés

Malgré tout ce que j’ai craché sur ces années.
Je ne peux pas cacher, cela m’a tant donné.
L’histoire est bien plus riche à la fin qu’au début.
D’une chance incroyable j’ai été pourvu.

J’ai obtenu un titre, pour nommer un chapitre.
Je m’apprête à le clore et à nouveau éclore.
A chaque étape quand j’atteins un sommet,
Je regarde derrière moi et le sens apparaît,

Je n’ai alors qu’un seul mot à l’esprit.
« Merci »

(Ecrit le dernier jour de mon internat).

Les facteurs limitants : Ces boulets à vos pieds…

Qu’est-ce qu’un facteur limitant :

L’efficacité d’un médecin à faire son travail n’est pas seulement liée à la connaissance ou la technique médicale.

En tant que médecin vous décidez des traitements, vous examinez les patients, mais également vous écrivez des comptes rendus, vous communiquez avec les autres soignants, vous recherchez les informations qui permettent de mieux soigner et vous apprenez.

Le facteur limitant, c’est l’élément qui freine votre potentiel pour accomplir vos objectifs.

Quelques exemples de facteurs limitants

La langue :

Les médecins qui exercent dans un autre pays ou dans une autre langue que leur langue natale peuvent rencontrer cette difficulté.

Quelles que soient leurs performances médicales, la compréhension orale de ce que les patients et les collègues vous disent, la compréhension des recommandations écrites et les documents impactent l’efficacité du travail.

L’incompréhension peut provoquer des jugements négatifs (« Il ne comprend rien », « il comprend ce qu’il veut ») ce qui peut provoquer un stress avec un impact sur l’ambiance, et donc encore sur les capacités du médecin.

Le fait de parler une langue étrangère permet également de faciliter les relations avec les patients et leurs familles étrangères quand ils consultent.

A ce moment, l’amélioration de la compétence linguistique a une influence directe sur la compétence médicale, et sur le bien-être du médecin.

La barrière de la langue rend inefficace même les communications les plus simples…

La lecture :

Facteur limitant particulièrement les élèves en début de parcours scolaire, mais pouvant persister. Plus le lecteur est habitué à lire, plus ilpeut se concentrer sur le sens et les concepts.

La lecture est tellement limitante que la plupart des personnes qui ont de sérieux problèmes de lecture n’arrivent pas jusqu’aux études de médecine.

Même si vous lisez de manière efficace, vous pouvez vous améliorer.

Par exemple, se concentrer sur les informations importantes, ne pas lire l’intégralité de chaque article ou chaque chose que vous lisez.

Internet et les livres comportent une quantité d’information gigantesque, et le fait de sélectionner les informations utiles est un énorme gain d’efficacité.

L’informatique :

L’informatique et les logiciels évoluent chaque année.

Outre les médecins qui n’ont pas eu l’habitude de travailler avec l’ordinateur, il y a les réticences à l’utiliser, une vitesse de frappe lente au clavier, une mauvaise connaissance des logiciels (qui de plus peuvent changer)…

A ce moment, des cours d’informatiques / dactylographie permettent d’améliorer la vitesse d’exécution de tâches simples et d’utiliser les logiciels plus efficacement (Tableurs Excel, fonctions de word, etc…). Simplement prendre le temps de comprendre les fonctionnalités entières d’un logiciel (souvent négligé dans un prise de poste) permet de gagner un temps précieux à l’avenir.

L‘organisation et la méthodologie :

L’organisation a pour but de changer les conditions de travail pour gagner en efficacité. Cette efficacité vous donnera soit plus de travail accompli, soit plus d’énergie pour faire la même quantité.

Une action peut être facilitée ou compliquée selon le temps et le contexte, et les mots d’ordres sont : CRAMP

  • Continuité : Ne pas être interrompu
  • Regrouper : Faire les tâches de même type dans le même temps.
  • Accessibilité : Avoir près de soi toutes les ressources importantes pour travailler, préparer les actions et les documents.
  • Multiplier : Automatiser les actions qui doivent être répétées.
  • Pauses : Prendre des pauses au moment où l’on n’est plus efficace.

L’organisation, complexe, nécessite en général une coopération et un dialogue avec la hiérarchie / les cadres / les collègues, ou une possibilité d’action sur l’environnement.

  • On s’isole pour ne pas perdre sa concentration : On éteint son portable / ses notifications, on met un casque ou des boules Quies pour ne pas être dérangé par le bruit. On prévient l’entourage (Autres médecins, infirmières, secrétaires etc) qu’on ne souhaite pas être dérangé, et on définit avec les situations et les moments où l’on peut l’être.
  • Avoir un bureau calme et rangé, avec les informations utiles directement accessibles.
  • Faire une liste avec des actions claires, planifiées et priorisées. On regroupe les actions de même type (Par exemple, les 3 coups de téléphone successivement puis les 2 comptes rendus à faire) lorsque les les urgences ont été traitées.
  • Séparer la réflexion et l’action : Chaque action ne doit pas être remise en cause ou rediscutée au moment de sa réalisation. Quand elle est marquée sur une liste, rien ne doit arrêter sa réalisation (sauf quelque chose de plus urgent).
  • Simplifier les tâches pour ne les réaliser qu’une fois : Faire des comptes rendu « type » pré-remplis, finir complètement une tâche avec sa vérification pour ne pas avoir à ne refaire…
  • Et bien d’autres encore !

Questions pour le lecteur :

Avez-vous des facteurs limitants ?

Quels facteurs limitants auriez-vous ajoutés à cette liste non exhaustive ?

Si oui lesquels, et quelles actions pouvez-vous mettre en œuvre pour améliorer ces facteurs ?

Renforcer sa motivation en médecine

Apprendre comme pratiquer la médecine demande du temps.

Du temps « efficace », pendant lequel on est concentré, et pendant lequel le fait de se sentir bien permet d’aller plus loin et plus vite.

La motivation est un des carburants qui permet d’utiliser ce temps pour progresser.

Voyons quelques éléments qui peuvent influencer la motivation.

1) Le pourquoi.

Un pourquoi est fort quand il vous touche profondément, qu’il est en lien avec votre identité, votre personnalité.

Le pourquoi, c’est le rêve, ce qui vous met en joie, ce qui vous fait vibrer

Comment agir sur le pourquoi :

  • Prenez quelques minutes pour vous questionner et réfléchir sur le pourquoi vous faites ce que vous faites. Qu’est ce que la médecine et les études vous apportent ou vont vous apporter ?
  • Il est nécessaire de se rappeler régulièrement ce pourquoi, que l’on peut perdre de vue sous la pression.

2) L’investissement en temps et en énergie :

Même quand on aime travailler, cela demande de l’énergie et du temps.

Même si l’on sait pourquoi on travaille, votre motivation dépendra également de votre niveau d’énergie.

Pour conserver votre énergie :

  • Améliorez votre récupération d’énergie : Reposez vous, faites des pauses, faites des activités qui vous ressourcent.
  • Diminuez votre perte d’énergie : Facilitez les actions et trouvez un moyen de travailler plus efficacement, organisez vous, faites des pauses.
Améliorer son efficacité et se reposer permet de rester en forme et motivé

Comment agir sur l’investissement en temps et en énergie :

Améliorer l’efficacité de votre apprentissage : Faites autant avec moins d’effort, ou plus avec le même effort : Dormez, définissez vos Objectifs , Clarifiez votre apprentissage, Testez-vous, Organisez votre travail, Répétez (Voir les 6 piliers de l’apprentissage).

L’efficacité (= Obtenir plus de résultat en un temps donné) est le meilleur moyen de garder la motivation en évitant d’accumuler la fatigue.

3) L’utilité : Le fait de produire quelque chose à partir de l’apprentissage.

Il faut vraiment être passionné pour apprendre quelque chose qui n’a pas d’utilité directe ou visible.

Simplement parce qu’il n’y a pas de sens. Les passionnés trouveront un sens « interne », sans avoir besoin d’application ou d’utilisation concrètes.

Si un sujet ne vous passionne pas, augmentez son « utilité ».

Le but est d’avoir des pensées plus motivantes et positives en lien avec l’apprentissage

Prenons un exemple hors médecine :

Seriez-vous plus intéressés d’apprendre l’Anglais ou le Suedois ?

Et pour quelles raisons ?

Que ce soit une langue ou l’autre, l’utilité dépendra de votre entourage, de votre histoire, de votre volonté de voyager dans le pays, des opportunités personnelles et professionnelles que cela vous donnera.

Mais vous pouvez également enrichir cette utilité pour vous motiver.

Ainsi si l’on vous « impose » d’apprendre le suédois, c’est le moment de trouver des amis suédois, de regarder ce qui pourrait vous intéresser lors d’un voyage en Suède, d’en apprendre plus sur la culture suédoise. Tout ce qui pourrait vous accrocher à l’apprentissage.

L’utilité d’un savoir n’est pas toujours évidente d’emblée. Chercher l’utilité d’un savoir est un bon moyen d’augmenter sa motivation en donnant lui du sens.

Utilité d’un savoir médical :

  • Soigner des patients (Grande révélation !). C’est quand les savoirs sont éloignés de votre vision du soin qu’il faut se trouver des éléments d’accroche.

Quand une maladie que vous considérez rare ne vous intéresse pas, apprenez en priorité ce qui vous concerne. En tant que médecin généraliste, il est probablement plus pertinent de savoir les actions importantes à faire devant une polyarthrite (Plusieurs articulations gonflées) que de connaitre la classification des types d’atteintes rénales du Lupus que vous ne traiterez jamais. C’est déjà une première étape qui vous permettra d’appréhender mieux la suite…

  • Partager : Enseigner, expliquer, vulgariser, promouvoir. Tout le monde est intéressé par la santé. Donc tout ce que vous apprenez peut potentiellement enrichir les conversations avec vos proches (même non médecin).
  • Créer : Personnellement, le savoir médical me permet d’inventer des histoires et des scenarios de jeu en rapport avec la biologie et la santé. Mais d’autres peuvent également utiliser ce savoir pour dessiner, créer des vidéos, écrire des histoires, sculpter des maquettes…
  • Impact personnel : Le fait d’apprendre, de retenir des concepts, de voir des nouvelles choses vous stimule intellectuellement ? Vous permet de vous challenger ?

4) La conscience de progresser et de réussir :

Vous êtes efficace, reposé, vous trouvez une utilité à ce que vous apprenez.

Mais malgré tout, avec le stress et la montagne que vous avez devant vous, vous avez l’impression que vous n’y arriverez pas, que c’est impossible. Les émotions négatives vous montreront que le mauvais côté de la réalité.

A ce moment, il sera bon d’avoir des critères « objectifs » d’évolution. Des sortes de preuves que vous progressez, et vos efforts valent quelque chose.

Ce que j’appelle des « Balises », dont la chronologie vous permettra de voir l’évolution positive.

Noter ses difficultés et ses réussites pour voir sa progression renforce la motivation.

Il est important d’être le plus « objectif » possible avec ces balises.

Par exemple, « Je ne comprend rien à l’hématologie » (marqué dans la balise numéro 1) n’est pas clair.

L’on risque tous de se dire un jour que l’on ne « comprend rien » suite à un échec ou à une mauvaise expérience.

Il faut préférer quelque chose du genre « Je n’ai pas pensé à la carence martiale lors d’un cas clinique avec une anémie ».

Collectionner

  • Gardez des anciens comptes rendus médicaux. Voyez à quel point vous avez progressé au cours de l’apprentissage.
  • Gardez les réponses de cas cliniques que vous avez faits anciennement. Les notes ne vous apprendront rien seules, prenez vraiment les réponses et leur sens.

En conclusion :

La motivation est indispensable et sera mise à rude épreuve durant les études de médecine.

  • Trouvez et gardez en tête les raisons qui font que vous travaillez en médecine.
  • Améliorer son efficacité d’apprentissage est un moyen de préserver votre énergie, et donc votre motivation.
  • Chercher les utilités supplémentaires aux savoirs permettra de donner du sens à votre apprentissage.
  • Garder des preuves de votre évolution positive permet de rester motivé malgré les difficultés.

Une personne géniale ? (Icebergs et Pyramides)

A quoi sert cet article :

  • Comprendre pourquoi des choses sont faciles pour certains et difficiles pour d’autres.
  • Comprendre comment apprendre mieux ou faciliter la progression

Depuis le début, chacun a son histoire

Ces questions, vous les connaissez probablement :

  • « Pourquoi cette personne fait les choses aussi bien ? » et « pourquoi moi je ne le fais pas aussi bien ? »
  • « Comment il/elle fait pour être si à l’aise ? »

La réponse à cette question est souvent non visible au premier coup d’oeil.

Du coup on peut facilement se dire « Parce qu’il est comme ça », « c’est sa nature », « c’est son identité, il a des facilités », « il/elle est fort(e), c’est tout »

Regardons un peut ces 3 hypothétiques jeunes :

Et maintenant, la vie va les mettre dans 3 situations différentes.

Et dans chacune de ces situations, chaque personne va avoir des « résultats différents » selon que l’on soit ou pas dans son élément.

La partie visible de l’iceberg en mettra plein la vue à l’entourage.

Et quand viendra l’heure des explications, il y aura toujours des gens autour pour dire ou penser « Il est différent », « il a des facilités », « c’est un génie ».

Dans son domaine de compétence et d’expérience, on brille plus auprès des autres.

Votre facilité = La partie immergée de l’iceberg

L’apprentissage est un moyen d’obtenir une performance.

Il y a des obstacles qui limitent de manière claire vos possibilités : Difficile de tirer à l’arc quand on n’a pas de main par exemple. Egalement il existe des maladies qui diminuent la capacités d’apprentissage (La surdité empêche d’écouter, les déficits de l’attention empêchent de se concentrer…).

Mais là encore, il existe des moyens de pallier le problème (Appareillage lors de la surdité / langage des signes, traitements médicamenteux et apprentissage adapté pour les déficits de l’attention).

Mais pour la majorité d’entre nous qui ont la chance de ne pas avoir ces problèmes, le principal problème sera de croire qu’on ne peut pas atteindre une performance « parce qu’on n’est pas faits pour ça ».

On arrive plus facilement à voir la partie émergée que la partie immergée.

Est-il trop tard pour apprendre ?

Il est toujours temps d’apprendre, mais apprendre demande du temps.

Ne pouvant pas retourner dans le passé, nous pouvons :

  • Définir des objectifs temporellement « réalistes » : Par exemple, essayer d’apprendre tout le programme d’un concours en seulement 7 jours sans rien n’en connaitre, c’est irréaliste. Peut être qu’il va falloir redoubler (pour avoir plus de temps) mais ce sera possible de faire ce que tu souhaite.
  • Accélérer son apprentissage : Apprendre les bases avant d’essayer d’apprendre les choses complexes, utiliser de la mnémotechnique, améliorer sa motivation pour investir du temps dans l’apprentissage.

Pyramides

On ne peut pas poser en l’air le sommet de la pyramide avant d’en avoir construit les bases… Sinon ça tombe.

Le problème de la gravité qui ramène les trucs en bas…

Et pourtant, quand nous sommes exposés à une nouvelle information, nous n’avons pas forcément les bases.

Il y a des étapes avant d’être capable de faire quelque chose de performant

Les exemples si dessous n’ont pas vocation à être lus entièrement (ils sont juste là pour illustrer le propos).

Prenons comme exemple une partie d’un document qui se veut une « introduction à l’électronique » et notez avec quelle « facilité » vous allez le comprendre :

« Un transducteur est un dispositif de conversion d’énergie dont au moins l’une des deux est électrique, alors qu’un capteur est un transducteur qui transforme un phénomène physique (obligatoirement) en une grandeur électrique.
Un actuateur, appelé également actionneur, est un transducteur assurant la transformation inverse du capteur.
Les capteurs emploient en majorité des effets électromécaniques, électromagnétiques, électroacoustiques, optoélectroniques ou électrothermiques. Nous pouvons distinguer plusieurs sortes de capteurs selon leur mode de fonctionnement, soit des capteurs à variation de résistance, de capacité, d’inductance, de tension, de courant, … »

Un deuxième exemple plus parlant si vous n’êtes pas déjà en surcharge :

Passage de Article 1007 du code civil

« Tout testament olographe ou mystique sera, avant d’être mis à exécution, déposé entre les mains d’un notaire. Le testament sera ouvert s’il est cacheté. Le notaire dressera sur-le-champ procès-verbal de l’ouverture et de l’état du testament, en précisant les circonstances du dépôt. Dans le cas prévu à l’article 1006, le notaire vérifiera les conditions de la saisine du légataire au regard du caractère universel de sa vocation et de l’absence d’héritiers réservataires. Il portera mention de ces vérifications sur le procès-verbal. Le testament ainsi que le procès verbal seront conservés au rang des minutes du dépositaire. […]
En cas d’opposition, ce légataire se fera envoyer en possession. Les modalités d’application du présent alinéa sont déterminées par décret en Conseil d’Etat »

Vous êtes encore là ?

En conclusion, il y a peut-être des textes « faciles » et des textes « difficiles » mais il y a surtout :

  • Des domaines dont vous maitrisez les « pré-requis », les « bases » pour comprendre.
  • Et des domaines dont vous ne maitrisez pas les bases pour comprendre.
Un exemple de pyramide (tout le monde ne sera pas d’accord). Quand la base n°1 est dans votre environnement depuis toujours, il est plus simple d’arriver au sommet. Les 2 sommets comme les 2 bases ne sont pas équivalents pour chaque personne.

La définition de quelqu’un qui a des « facilités » serait de quelqu’un qui a les prérequis pour comprendre et apprendre quelque chose ?

Pour apprendre mieux : Ordre d’apprentissage

  1. Se poser la question : Le « sommet », la « compétence finale » que j’ai défini(e) est-il (elle) vraiment ce que je veux apprendre ? En ai-je besoin ?
  2. Pour atteindre cette compétence, de quelles bases/ quels pré-requis vais-je avoir besoin ?
    Pour certaines choses c’est facile : Si vous ne connaissez/comprennez pas les définition qui reviennent sans cesse dans un texte, il faut d’abord travailler ces définitions.
    – Mais connaitre le bon ordre des prérequis demande un certain recul… et seule une personne expérimentée dans l’enseignement de ce concept peut être vraiment pertinente (donc demandez à vos enseignants).
  3. Quand quelque chose me parait difficile, je me pose la question « Est-ce que j’ai sauté une étape ? ».
Avec un certain recul, on peut savoir quoi apprendre en premier.
Demander à quelqu’un qui s’y connait et qui a l’habitude de l’enseigner est pour moi la meilleure option.

Que faire quand je dois enseigner ?

Il faudrait s’assurer du pré-requis des élèves avant de leur parler de quelque chose de trop complexe. Cela marche aussi avec les patients qui sont aussi très différents entre eux.

Il n’y a pas de solution miracle quand il y a 200 élèves dans la même salle et donc 200 niveaux différents, mais quelques questions en début de cours devraient vous donner une idée des bases de ce qui vous écoutent.

Il faudrait penser chronologiquement l’enseignement avec d’abord les bases puis les éléments plus complexes.

En conclusion :

  • Notre histoire commence tôt, et nous avons déjà très jeune des apprentissages différents. Mais il n’est pas trop tard pour apprendre.
  • La performance c’est la partie émergée de l’iceberg. L’expérience et l’apprentissage ne se voient pas toujours (partie immergée).
  • Le succès n’est pas une affaire de personnes mais une affaire d’entrainement : Si vous avez un but « physiquement » réalisable, vous pouvez toujours vous en approcher par l’apprentissage et l’entrainement.
  • L’apprentissage doit se faire par étape : D’abord des bases puis des

Pour aller plus loin :

Simplification (en cours d’écriture)

Comportement et identité : Soyez plus doux

Avez vous déjà entendu ceci ?

« Il ne sait pas conduire ! Il est con celui là ! » agrémenté de coups de klaxon.

« Il comprend rien, il est bête ».

« Il est pas sympa »

« Il est nul »

Voyons pourquoi tout ceci est faux.

1) Comportement et identité

Le comportement est observable (on voit, on entend)

L’identité est une représentation (On déduit, on interprète, on pense)

L’identité serait le « caractère permanent et fondamental », qui ne change pas au cours du temps.

Définir l’identité d’une personne est à la fois complexe et subjectif.

  • Complexe parce qu’on ne peut pas résumer une personne fidèlement en quelques phrases.
  • Subjectif car si vous demandez à plusieurs personnes, elles ne diront pas la même chose.

Pour résumer, ne pas mettre quelqu’un dans une case en le jugeant sur une action.

Nos actions (et performances) sont elles uniquement liées à notre identité ?

Partons du principe que nous arrivions à définir l’identité de quelqu’un.

Est-ce que cette personne aura toujours les mêmes performances et fera toujours strictement les mêmes actions ?

Je pense pouvoir dire sans me tromper qu’avec une seule identité on peut obtenir un grand nombre d’actions différentes et de performances différentes.

Beaucoup de facteurs peuvent influer sur les comportements et leur performance :

  • quand on est fatigué, qu’on a faim, qu’on a mal.
  • quand on est stressé, quand on a peur, quand on est en confiance.
  • quand on est en colère, triste, ou joyeux.
  • quand on est dérangé, perturbé, sollicités.

Les facteurs influençant la performance et les comportements peuvent être visibles ou invisibles.

2) Est-ce qu’on se permet de parler de l’identité des autres (et de sa propre identité) ?

Les observateurs se représenteront quoi qu’il arrive une « identité » de ce que vous êtes par leur propre perception. C’est facile et automatique, on met les gens dans des cases à la vitesse de l’éclair.

Cette absence de dissociation entre comportement et identité peut tromper nos conclusions :

  • Si l’on observe un comportement dans des conditions défavorables, on sous-estime les capacités d’un individu. Exemple : C’est un patient méchant et qui ne sait pas se contrôler, il nous a insulté ! (Il a mal, on vient de lui annoncer un cancer, il n’est pas chez lui, il ne dort pas…)
  • On associe le fait de mal faire avec le fait d’être une mauvaise personne. Ce qui augmente d’autant notre peur de l’échec.
  • On peut avoir une confiance excessive dans les actions de quelqu’un car on pense que c’est une « bonne personne » alors qu’il peut se tromper / être fatigué comme tout le monde.
  • On peut sous-estimer la valeur d’une action parce que c’est une « mauvaise personne » qui l’a faite. Cela crée un stress et des mauvaises performances, qui finiront par donner raison à ceux qui jugent…

3) A quoi ça sert tout ça ?

Une pensée plus flexible que « Il est con M. Bidule » permet de mieux appréhender la situation…
  • Mieux accepter qu’un patient âgé, confus, dément, ou avec un déficit intellectuel ne soit pas coopérant.
    –> Ce n’est pas la personne qui s’oppose ou ne veut pas aider, mais sa maladie qui l’empêche de le faire.
  • Mieux accepter qu’un collègue oublie des choses ou n’a pas fait ce que vous attendiez.
    –> Peut-être qu’il avait peu de temps, qu’il était stressé, qu’il n’avait qu’une partie des informations…
  • Mieux accepter nos erreurs, nos oublis et que nos performances ne soient pas à la hauteur de nos espérances.
    –> Vous n’êtes pas vos résultats, et vous pourrez progresser, vous pourrez changer vos résultats.
  • Moins tenir compte des remarques sur votre identité, qui sont toujours « un point de vue » basé sur vos actions que vous pouvez améliorer.
    –> Il me dit « tu es nul », « tu es con », « tu es bordélique », « tu es trop ***  »  » Tu n’es pas assez***  » mais il dit ça parce qu’il fait un raccourci à partir de choses qu’il voit.
  • Identifier les facteurs qui amèneraient des comportements plus positifs.

Identifier les facteurs influençant les comportements permet d’agir dessus, permet d’expliquer un comportement, mais ne justifie pas un comportement irrespectueux, dangereux, etc.

On reste (sauf cas très particuliers) responsable de ses actes.

4) Être doux avec soi-même

Remettre en cause son identité associe sentiments désagréables, perte d’énergie, perte de temps…

Il est normal de se poser des questions et de critiquer mais le but est de progresser, pas de se punir.

Se mettre des étiquettes négatives (« je suis nul », « je suis maladroit », « je suis stupide ») comme pour se punir quand on n’a pas fait aussi bien que ce que l’on aurait voulu :

  • Ne donne pas de solution
  • Est trop flou ou subjectif (C’est quoi être nul ? / maladroit ?/ stupide ?) pour être corrigé.
  • Coûte de l’énergie.

Tout le monde a fait, fait ou fera des erreurs.

Même si l’on n’est pas content (ce qui est plutôt sain d’ailleurs), c’est normal.

Essayez d’être plus doux, ça vous donnera plus d’énergie pour progresser.

En résumé :

  • L’identité n’est qu’un point de vue. Ceux qui en parlent le font avec ce qu’ils ont compris de ce qu’ils ont perçu.
  • Ne pas mettre d’étiquette sur une personne en fonction de ses actions. Beaucoup de facteurs influent sur la performance en positif ou en négatif.
  • Se concentrer sur les actions à améliorer plutôt que de punir notre identité.

Prendre en charge ou négliger ?

Le temps viendra où un patient aura une demande ou un problème et que vous ne saurez pas quoi faire.

Cela risque de vous arriver quotidiennement, ou au moins très régulièrement.

Bienvenue en médecine ! (et dans le monde des humains !)

En tant que spécialiste ou en tant que généraliste, vous devrez alors faire un choix :

  • Prendre en charge vous même,
  • Passer la main
  • Ou négliger le problème.

Et faire le mauvais choix peut vous exposer à un drame :

  • Celui de ne pas progresser et de vous retrouver au fil du temps de plus en plus en difficulté.
  • Celui d’être dans l’incertitude de l’efficacité de vos soins, facteur de stress.
  • Celui de porter préjudice à un patient soigné de manière non optimale.

Heureusement, vous avez des ressources pour vous permettre de faire les bons choix.

1) Comprendre / apprendre et prendre en charge la situation.

C’est le choix que vous devrez prendre au cours de votre apprentissage, et pour les problématiques « simples » quand vous avez les bases.

Cela coûte du temps, demande un effort, mais vous permet de progresser.

Le temps investi dans un apprentissage est en général regagné au long terme.

Chaque fois que vous rencontrez le problème, vous le réglerez plus vite si vous avez appris à le gérer.

S’il n’y a pas d’apprentissage, le problème vous coûtera toujours les mêmes ressources à le régler.

Hypothèse 1 (Bleue) : L’apprentissage permet d’améliorer l’efficacité des prises en charge des problèmes médicaux. Hypothèse 2 (Orange) : Il n’y a pas d’apprentissage à chaque exposition au problème, le coût en temps de la résolution des problèmes ne se réduit pas. Le temps cumulé pour résoudre les problèmes est supérieur s’il n’y a pas d’apprentissage.

Faites en sorte d’apprendre (et ne pas négliger) quand vous êtes confronté à un problème fréquent. Vous gagnerez au final plus de temps (en plus de gagner en qualité)

Notre ami internet

On trouve « tout et n’importe quoi » sur internet.

La préparation est importante puisque :

  • On doit trouver l’information vite (Accessible),
  • Il faut que l’information soit d’actualité (Récente)
  • La décision prise doit être optimale, on doit pouvoir faire confiance à l’information (Fiable)
    ce qui donne l’acronyme : ARF !

Quelques exemples de préparation :

  • Un carnet / un fichier personnel sur téléphone avec vos problématiques fréquentes : Au cours du temps, vous allez pouvoir créer votre propre base de données avec les prises en charge adaptées aux situations, malgré les oublis.
    Les 2 limites du carnet sont
    1) La nécessité d’actualiser les connaissances et les prises en charge, qui vont évoluer au cours des années
    2) On note dans ce cahier les problématiques les plus fréquentes, et donc ne cette stratégie ne marche pas pour les cas rares.
  • Le VIDAL, et autres applications permettant de connaitre les posologies, les effets indésirables des traitements.
  • Antibioclic : Une application pour connaitre quel antibiotique prescrire dans les situations courantes.
  • Pour les patients insuffisants rénaux, le site « GPR » sur internet permet de connaitre les modalités d’ajustement de posologie des traitements selon la fonction rénale. L’inscription préalable (nécessaire pour accéder au site) et le fait de placer ce site dans vos favoris permettra une meilleure efficacité.
  • Les PNDS (Protocole National de Diagnostic et de soins) contiennent les informations pour la prise en charge de pathologies rares (ils sont volumineux mais contiennent des chapitres avec les informations utiles et ce qu’il faut faire en consultation).
  • Répertorier au préalable les sites internet, les médias véhiculant l’information pertinente dont vous avez besoin.


    Vous pouvez demander aux autres médecins où ils vont chercher l’information quand ils en ont besoin sur tel ou tel sujet.

2) Passer la main / demander un avis à un autre médecin.

C’est le meilleur choix quand vous n’avez pas les bases (prérequis) pour être efficace.

Appeler pour un cas complexe quand on ne sait pas, c’est une décision intelligente

Parmi ces prérequis, il peut s’agir de l’insuffisance de connaissance dans le domaine présenté, d’une insuffisance sémiologique (Notamment dans situations où la sémiologie est complexe comme la neurologie, la dermatologie, la rhumatologie…).

Exemple : Les situations infectiologiques intra hospitalières, peuvent être complexes et nécessiter l’évaluation :

  • du germe (le plus souvent une bactérie) et de ses caractéristiques,
  • de la porte d’entrée,
  • de la présence ou non de matériel,
  • des antécédents du patient,
  • de la fonction rénale,
  • du poids,
  • du site infecté,
  • des allergies du patient…
    La réponse doit être rapide, l’avis direct (téléphonique en présentiel) est optimal, car internet ou vos sources ne pourront pas vous donner tous les pré-requis en quelques minutes pour prendre les bonnes décisions.
Appeler un spécialiste est une décision intelligente et dans l’intérêt de votre patient pour les cas rares et complexes. Mais de manière plus générale lorsque les prérequis pour gérer le problème vous demandent beaucoup d’investissement

Demander l’avis à un autre médecin peut également vous permettre d’apprendre sur le sujet et être plus à l’aise pour la prochaine fois.

NB : Demander un avis, notamment en direct, peut être désagréable même quand c’est la solution la plus intelligente et la plus efficace.

Vous exposez à une autre personne un « défaut » (ne pas savoir) que vous auriez préféré garder pour vous… et de plus il arrive que votre interlocuteur peut vous faire une remarque sur ce point (sur lequel lui est à l’aise).

N’oubliez pas avant de décrocher votre téléphone que votre objectif est de soigner au mieux votre patient, que vous vous battez pour lui. Et que quelques soient vos « défauts » vous avez cette qualité. Enfin ne pas savoir peut toujours se corriger.


Quand il n’y a pas d’urgence, adresser le patient en consultation est un moyen simple de lui donner toutes les chances.

Donc, les autres médecins sont vos amis !

3) Négliger le problème (non recommandé)

Le fait de négliger une problématique n’est évidemment pas recommandé, et peut prendre 2 formes :

a) Ne pas donner de réponse.


Le patient a une plainte ou une anomalie
–> vous décidez de ne pas la prendre en compte, de ne pas communiquer au patient ou à un autre spécialiste.

Même si la confrontation avec une problématique que l’on ne maitrise pas est désagréable, même la plus « petite » anomalie (Des symptomes en rapport avec un reflux gastro-œsophagien peuvent sembler de moindre importance en comparaison à d’autres maladies) peut avoir un retentissement et des conséquences importantes au long terme.

Exemple fréquent : Le tabagisme : Le tabagisme est noté dans les antécédents du dossier et le mode de vie, sans discussion avec le patient, ni de proposition d’une quelconque prise en charge.

Il suffit de peu pour améliorer le pronostic global des patients, le conseil minimal (exprimer la possibilité d’arrêter de fumer) ayant déjà un effet, orienter vers quelqu’un qui peut accompagner le patient peut augmenter son espérance de vie en bonne santé.

  • Au minimum, il faudrait communiquer le problème (au patient, à un autre médecin, faire une demande de consultation).
  • Ne pas donner de réponse peut altérer la relation avec le patient, et fait une occasion de s’améliorer en moins pour traiter les autres patients.

Pas de réponse = mauvaise réponse

b) Donner une réponse inadaptée :

Le médecin donne une réponse mais elle n’est pas optimale. Elle est souvent construite par des expériences antérieures non optimales (« Je fais comme j’ai toujours fait ») qui donnent une impression de savoir gérer une situation.

Exemple des traitements anxiolytiques : Les traitements par Benzodiazépines sont des médicaments efficaces contre l’anxiété.

Les indications sont restreintes en temps, et dont les effets secondaires sont manifestes (Chutes, troubles cognitifs, dépendance, confusion, somnolence…) quand on ne respecte pas ces indications.

Pourtant, quand le patient anxieux consulte, on peut être tenté de renouveler simplement le traitement (régulièrement le patient ne souhaite pas l’arrêter) et l’exposer à des effets secondaires.

De plus, la demande du patient cache potentiellement d’autres troubles (Notamment, troubles de l’humeur, troubles anxieux…) qui nécessitent une prise en charge plus complète qu’un simple comprimé anxiolytique qui peut masquer le problème.

Il y a des situations où l’on décide de ne pas traiter un patient, cela doit rester une décision argumentée et pas un choix par défaut de connaissance.

c) Différer la résolution du problème

Quand le problème n’est pas prioritaire, différer n’est pas une négligence :

  • Si l’on s’assure que le problème sera réglé.
  • Et qu’il n’y a pas de conséquence grave dans l’intervalle.

Dans l’urgence on ne prend pas toujours les bonnes décisions, et il faut se retenir de donner une réponse rapide pour donner une réponse adaptée.

Une réponse inadaptée peut être changée à posteriori : vous avez possibilité de revoir le patient, de changer vos ordonnances, etc. Une solution « incomplètement adaptée mais transitoire » avant un avis spécialisé ou une révision est possible.

Exemple : Je donne un traitement anxiolytique pour traiter les symptômes gênants du patient MAIS je m’assure de proposer une prise en charge plus complète secondairement.

En conclusion générale :

  • Préparer des sources d’information de qualité (ARF : Accessibles, Récentes et fiables) pour trouver des solutions et apprendre.
  • Connaitre ses limites et les accepter : Votre attitude profitera au patient.
  • Communiquer les problèmes à ses confrères quand ils sont plus à même de les régler vite et bien.
  • Gérer les priorités et avoir la discipline de donner une réponse à chaque problème.