Apprendre plus vite (partie 1) : mettre les connaissances dans des sacs.

Notre cerveau est limité. Je sais, c’est pas très vendeur. Mais il y a des manières de faire qui améliorent son efficacité.
Notamment, le découpage et le classement de l’information a un impact sur l’apprentissage et la récupération des informations apprises.

Le sentiment de finition

On peut avoir l’impression d’avoir avancé plus après avoir travaillé peu (45minutes pour faire un petit chapitre) qu’après avoir travaillé plus (2heures pour faire une plus grosse partie).

Cela dépend de l’objectif que nous nous sommes donné avant d’aller travailler.

Se prévoir de réviser « toute une matière » (Genre « Aujourd’hui je fais la neurologie ») en une après-midi se soldera le plus souvent par une fatigue et également par le sentiment de ne pas avoir réussi parce que l’objectif était trop volumineux.

Le sentiment de réussir est important car il vous tient lié positivement à ce que vous apprenez et vous permet de rester motivé.

Il est donc mieux de réaliser jusqu’au bout des petites parties que de s’arrêter au milieu de gros blocs.

Puisque nous avons besoin de finir, nous devrions choisir des tâches que nous sommes capables de finir pour répondre à ce besoin.

La plupart des matières (voire même certains cours) sont tellement long qu’il y a un intérêt à les faire en plusieurs fois en se donnant comme objectif une partie du travail pour apprendre mieux.

Couper en petites parties permet de mieux diviser le travail, de plus souvent le finir et donc c’est plus motivant.

« At least reduce the list » /
Au moins réduire les listes

La médecine comprend beaucoup de listes à apprendre.

Ces listes, ce sont les causes des maladies, les examens à prescrire, les traitements… Et après avoir appris, l’utilisation de ces compétences passe également par des listes.

Indépendamment des autres paramètres, plus la liste est grande plus il est difficile de l’apprendre. Et de plus, de retrouver l’information spécifique dont on a besoin plus tard.

On peut plus facilement compter et retrouver les boules que l’on cherche quand elles sont rangées.

Réduire les listes au quotidien :

L’apprentissage n’est pas seulement l’affaire des études : Tous les jours dans votre pratique, vous avez besoin de retenir des informations sur le court terme pour les comprendre et ensuite agir.

Rendre l’information plus utilisable permettra une meilleure efficacité au quotidien. Et également pour vos interlocuteurs qui sont des humains comme vous (à priori).

Devinez ce qui est le plus facile à retenir pour vous ou votre interlocuteur quand vous lui présentez un patient…

Les modèles et les plans :

Les modèles sont des représentations de la réalité qui permettent de raisonner.

Pendant un temps je fus contre les modèles, de peur de ne pas « tout prendre en compte » et que « cela corresponde pas assez à la réalité. »

Mais après réflexion, notre mémoire ayant des limites, l’utilisation de procédés pour se souvenir mieux même de choses incomplètes peut valoir le coût.

Les plans sont une sorte d’organisation, qui peuvent être notamment des modèles.

Ces modèles peuvent servir de « Sacs » pour vos connaissances :

Nous avons déjà, dans nos cours de médecine, des « plans »/ »sacs »/ »modèles » qui nous aident à retenir. Mais quelquefois certains sont plus adaptés que d’autres.

Dans la plupart des cours, on a le plan :

  • Définitions
  • Épidémiologie
  • Physiopathologie.
  • Clinique
  • Examens complémentaires
  • Diagnostic différentiel
  • Traitement
  • Surveillance

Moyen mnémotechnique : Juste des sacs ?

Quand on pense à la mnémotechnique, on pense au moyen le plus couramment utilisé qui est l’acronyme. Il y a d’autres moyens mnémotechniques que j’aborderai dans un autre article, qui ont leurs forces et leurs faiblesses.

SARCOÏDES : Pour retenir les multiples atteintes d’organe.

Les avantages de ce genre de moyens mnémotechniques sont :

  • L’indiçage : Chaque lettre permet de retrouver plus facilement le concept qui y est lié.
  • Permet de retenir des choses sans logique (que la personne qui peut expliquer la logique de pourquoi la sarcoïdose touche ces organes là et pas les autres m’envoie un mail !) comme c’est le cas dans plein de maladies notamment systémiques.
  • C’est une manière de faire des sacs, c’est une sorte de plan pour apprendre plus facilement. Chaque lettre correspond à un compartiment.

Le mieux est qu’un moyen mnémotechnique de ce style soit exhaustif, c’est à dire qu’il permette de retenir toutes les infrmations sans en oublier. Mais ce n’est pas toujours possible ou cela demande plus de temps pour le créer.

Quel est le meilleur plan ?

Le meilleur plan c’est d’avoir un plan.

C’est sûr qu’il y a des plans plus efficaces pour certains cours que d’autres, mais comme beaucoup de concept en mémorisation cela dépend de chaque personne.

Deux modèles que j’utilise pour apprendre et enseigner :

Ces modèles sont utilisés spontanément par une grande partie d’entre nous.

1) Modèle Quantitatif.

Ce que vous avez sur votre compte en banque dépend de l’argent que vous gagnez et de ce que vous dépensez.

Quand on manque de quelque chose, c’est que …

  • Soit on en n’a pas assez « créé »
  • Soit on l’a perdu
  • Soit il n’est présent mais pas au bon endroit.

Si vous regardez votre compte en banque et que vous n’avez pas beaucoup d’argent :

  • C’est peut être que vous n’en gagnez pas assez.
  • Ou que vous en dépensez trop.
  • Ou qu’en fait il est sur un autre compte.
Modèle quantitatif :
La quantité de quelque chose dépend de la part de gain ou de perte.
Cela vaut pour l’argent, les globules rouge, le potassium, le sodium…

Le modèle quantitatif est le plan « Gains / pertes » qui permet de classer les informations quantitatives c’est à dire ce que vous pouvez chiffrer.

Pour utiliser ce modèle vous avez besoin :

  • De savoir les conséquences de l’augmentation ou de la diminution de la variable pour comprendre les enjeux.
  • De savoir comment elle est régulée ou modifiée dans l’organisme. C’est la partie qui demande de connaître les bases physiopathologiques.
  • Puis de s’intéresser à l‘augmentation et la diminution de chaque variable.

Voici les cours dans lesquels ce modèle peut être utilisé :

Pour le ionogramme : Hypokaliémie / Hyperkaliémie, Hypercalcémie / Hypocalcémie, Hyperhydratation / Deshydratation, Hypoglycémie / hyperglycémie.

Pour l’hématologie : Cellules (Anémie / Polyglobulie, Hyperleucocytose / Neutropénie, Thrombopénie/thrombocytose), Hémostase (« Hypocoagulation »).

Autres variables biologiques : Ferritinémie, Bilirubine…

Variables cliniques : Amaigrissement / prise de poids, Hypotension / hypertension.


Modèle quantitatif pour le globule rouge (exemple)

  • A quoi sert le globule rouge ?
    • Du coup, qu’est-ce que cela fait si on en n’a pas assez ?
  • Comment est-il produit ?
    • Comment fait-on pour savoir si la production est normale ou anormale ?
    • Quelles sont les causes d’anomalie de production ?
    • Traitements des anomalies de production ?
  • Comment peut-il être « perdu » ?
    • Comment fait-on pour savoir si les globules rouges sont perdus ?
    • Quelles sont les causes des pertes de globule rouge ?
    • Traitements des causes des pertes de globule rouge.
Anémie = Moins de d’hémoglobine / globules rouges.
Toute l’anémie est dans ces 3 grandes causes.

2) Modèle chronologique

Le modèle « Passé, présent, futur » est connu de tous. Tout est inséré dans une chronologie. Il y a un passé / origine / cause, un présent et un futur / conséquence.

Ce modèle peut être utilisé pour tous les Items et les problématiques puisque toute chose a une chronologie.

L’avantage de réfléchir en tant que chronologie est de bien connaître les enjeux d’une maladie.

Si on prend l’hypertension artérielle par exemple

Exemple simple avec HTA.
Le modèle chronologique permet simplement d’avoir une carte large et de vite voir les enjeux d’une maladie.

La Mind Map / cartes mentales.

Les cartes mentales sont des représentations visuelles de parties et de sous-parties liées à un concept.

Créer une Mind Map permet de classer les informations de manière logique. En réfléchissant à la manière d’agencer les informations, on les apprend déjà !

Du fait de l’organisation en « grappes » (Une division va donner d’autres divisions qui vont donner d’autres divisions) il est beaucoup plus facile de retrouver toutes les informations au final.

En revanche je ne conseille pas d’apprendre à partir de Mind Map d’autres personnes (déjà faites) car il est plus important de faire le cheminement par soi-même.

Même si notre mémoire visuelle permettra d’avoir un tableau de bord, ils est plus important d’avoir fait les liens logiques soi-même.

On peut en revanche comparer à des Mind Map existantes après avoir fait la sienne.

Vous pouvez ouvrir cette image dans une autre fenêtre pour mieux voir.

Pour la restitution de connaissances, faire cette mind map à partir des premiers embranchements et écrire chaque partie peut être un bon moyen de savoir où l’on a des difficultés pour revoir.

En conclusion :

  • Un moyen simple de mieux apprendre est de réduire les blocs d’informations.
    « At least reduce the list »
  • Une information classée s’apprend mieux, et se retrouve plus facilement.
  • Il y a plein de manières de classer les informations. Les meilleures sont celles qui vous parlent le plus.
  • Le fait de réfléchir au classement des informations, c’est déjà un apprentissage.
  • Les Mind Map permettent une représentation plus facilement utilisables des informations classées.

Avoir confiance en soi (ça s’apprend)

« Il n’a pas confiance en lui » est toujours faux si on l’exprime comme ça.

D’une part parce que la confiance dépend du domaine de compétence (Je peux avoir confiance dans mon travail mais pas dans ma conduite automobile).

Mais également parce que la confiance est dynamique, elle change au cours du temps.

Pour parler de ce qui change la confiance en soi, je vais utiliser le même plan que la « théorie du sentiment d’efficacité personnelle » de A. Bandura.

[ays_quiz id=’3′]

4 piliers de la confiance en soi :

La confiance en soi bien dosée c’est savoir quand on peut faire et quand on ne peut pas faire les choses…

1) Réussites personnelles passées :
L’exemple de soi-même

« Je l’ai déjà fait, donc je pense/sens que je peux le faire« .

L’apprentissage de la confiance… en son apprentissage :

La confiance en l’apprentissage peut se construire à chaque fois que nous réussissons quelque chose de nouveau et que ça marche.

Si chaque fois que nous faisons quelque chose de nouveau cela ne marche pas / on nous met une pression trop forte… on apprendra surtout à ne rien faire de nouveau parce que ça marche pas ou c’est dangereux.

Puisqu’il y a toujours une première fois, nous devons apprendre à tenter des premières fois.

Le fait de regarder en arrière et de comparer à la situation actuelle permet d’avoir conscience de notre évolution, et donc d’avoir plus confiance en notre possibilité d’apprendre. Nous avons eu dans notre passé des tonnes de « premières fois ».

Les exemples personnels de réussite passée augmentent la confiance en soi.
D’autant plus quand il s’agissait du même domaine de compétence.

L’apprentissage de la confiance en ses compétences.

Le fait d’être confronté à un problème et de réussir à le résoudre augmente sa confiance en soi pour résoudre les problèmes futurs de même type.

Plus on est proche des conditions « réelles », plus on construit de confiance en soi.

Par exemple, un examen « blanc » qui se déroule dans les mêmes conditions que l’examen final, est un moyen d’avoir plus confiance en soi.

Un apprentissage théorique solide (très important en médecine) ne permet pas d’avoir une confiance en soi parfaite simplement parce que les livres / les cas cliniques ne correspondent pas parfaitement à la réalité. C’est donc normal de ne pas avoir confiance en soi lors des premières applications de ce savoir en condition réelle. L’enseignant doit donc confronter l’élève à des « situations réelles » à un moment de l’apprentissage.

Les moyens :

Vous n’arrivez pas à réaliser la première étape de quelque chose que vous voulez faire ?

Alors armez vous : De conseils, d’outils, de renseignements, d’informations sur les étapes que vous avez probablement sauté. Dans ce cas, il serait dommage de ne plus avoir confiance en soi alors que vos compétences ne sont pas le problème.

Quelquefois, la solution c’est qu’il manque un élément pour y arriver. Quelquefois, cela n’a rien a voir avec vous.

Curseur de la réussite :

Comme dans beaucoup de solutions : La clef est dans le dosage.

Un premier problème arrive lorsque les exigences sont trop élevées et que l’on ne considère comme un succès que les résultats exceptionnels.

Il y a des exigences élevées en médecine, et on peut se dire que comme on ne réussi pas des choses irréalisables, on est donc pas capables.

Revoyez à la baisse vos exigences quand elles sont surnaturelles.

Si on considère comme une réussite seulement une haute performance, on n’apprend pas à se sentir capable

Le deuxième point important est d’instaurer une difficulté progressive.

Au début, l’élève apprend qu’il peut progresser et qu’il est capable de faire les choses. Et petit à petit, il devient compétent avec des exigences qui correspondent au métier réel et à ce qui est réalisable.

2) Apprentissage social :
L’exemple des autres.

« Si quelqu’un comme moi peut le faire, alors je peux le faire« .

Le fait d’avoir des exemples de réussite proches de soi va augmenter la confiance en le fait de réussir dans les mêmes domaines.

Cela est d’autant plus important que l’on n’a pas encore la possibilité de tester et d’expérimenter : Les autres sont des exemples qui vont déterminer le champ des possibles.

Se sentir « proche » ou « éloigné(e) » d’un exemple peut se faire sur plein de critères.

S’il existe des réussites dans l’environnement social (« D’autres enfants arrivent à lacer leur chaussures ») mais qu’il y a des différences visibles (« Mais ils sont plus grands ») cela procurera moins de confiance.

Quand on a des doutes sur ses possibilités, il peut être bon de rechercher d’autres personnes proches qui ont réussi (« Mon cousin que j’aime bien a aussi un diabète et finalement il s’en sort bien avec ses médicaments »).

Le fait qu’un élève pense que son professeur est « fort et intelligent » peut donc potentiellement être un frein à l’apprentissage (« Il y arrive mais c’est parce qu’il est fort et intelligent »). Il y a donc potentiellement un intérêt à « ne pas trop briller » auprès de ses élèves.

Les apprentissages en groupe ont l’avantage de nous montrer d’autres personnes « de même type » réussir et donc de se dire « Pourquoi pas moi ? ».

3) Etat émotionnel

« J’ai peur, donc je ne peux pas le faire » ou « Je suis content donc je peux faire« .

Nos émotions influent sur nos pensées et peuvent avoir un lourd retentissement sur nos décisions et notre confiance.

Inversement, le fait d’avoir peu de confiance en soi peut également provoquer des émotions négatives. Se sentir capable est important pour notre état émotionnel.

Dans les périodes de transition (les « nouveaux endroits », les « nouvelles activités ») il est judicieux d’avoir un environnement bienveillant qui permettra de ne pas être surchargé en émotions qui diminuent confiance en soi.

L’humeur influe sur notre confiance en nous.
Dans les extrêmes (Episode maniaque / dépressif par exemple), on n’est plus lucide sur la situation.

J’en profite pour rappeler que, quand l’humeur est déréglée de manière prolongée et excessive, le plus important est de consulter un professionnel de santé (Médecin généraliste, Psychiatre, psychologue) et de régler ce problème qui empêche d’avoir une confiance stable qui permet d’avancer.

4) Persuasion par autrui

« Il me dit que je peux le faire, donc je peux le faire« .

Ce que l’on dit a un impact, mais également la crédibilité / légitimité.

Quand on essaie de persuader (à raison !) quelqu’un qu’il peut faire des choses, le fait de bien comprendre la situation, d’avoir des connaissances, d’avoir une certaine légitimité modifie l’impact de ce qui est dit.

Pour être crédible, il faut que le message semble adapté à la situation et pas une réponse automatique de réassurance.

Au mieux, il est bon de s’appuyer sur des critères « objectifs » ou du moins « observables » quand on essaie de booster quelqu’un.

« Tu travailles bien » n’est pas pareil que « Tes dossiers sont bien tenus »

Et pas encore pareil que « Comme les antécédents des patients sont marqués clairement, on retrouve les informations et du coup c’est agréable de travailler dans ces conditions ».

Les méchants mots

Cela veut aussi dire que des gens vont vous dire à un moment que « C’est nul », « tu fais n’importe quoi », « c’est ni fait ni à faire » etc. Et cela joue forcément sur la confiance en soi.

C’est encore plus important à ce moment de s’attacher à des critères observables, puisque « c’est nul » ne dit pas comment faire mieux. Mais quand les gens ont de « bonnes raisons » de vous parler durement ils devraient être capables de vous les expliquer.

Conclusion :

  • La confiance en soi s’apprend auprès de soi même : Le passé nous fourni des exemples.
  • On l’apprend aussi auprès des autres : Notre entourage nous fourni des exemples.
  • Elle est influencée par nos émotions.
  • Les mots des autres ont un impact sur notre confiance en nous.

Les facteurs limitants : Ces boulets à vos pieds…

Qu’est-ce qu’un facteur limitant :

L’efficacité d’un médecin à faire son travail n’est pas seulement liée à la connaissance ou la technique médicale.

En tant que médecin vous décidez des traitements, vous examinez les patients, mais également vous écrivez des comptes rendus, vous communiquez avec les autres soignants, vous recherchez les informations qui permettent de mieux soigner et vous apprenez.

Le facteur limitant, c’est l’élément qui freine votre potentiel pour accomplir vos objectifs.

Quelques exemples de facteurs limitants

La langue :

Les médecins qui exercent dans un autre pays ou dans une autre langue que leur langue natale peuvent rencontrer cette difficulté.

Quelles que soient leurs performances médicales, la compréhension orale de ce que les patients et les collègues vous disent, la compréhension des recommandations écrites et les documents impactent l’efficacité du travail.

L’incompréhension peut provoquer des jugements négatifs (« Il ne comprend rien », « il comprend ce qu’il veut ») ce qui peut provoquer un stress avec un impact sur l’ambiance, et donc encore sur les capacités du médecin.

Le fait de parler une langue étrangère permet également de faciliter les relations avec les patients et leurs familles étrangères quand ils consultent.

A ce moment, l’amélioration de la compétence linguistique a une influence directe sur la compétence médicale, et sur le bien-être du médecin.

La barrière de la langue rend inefficace même les communications les plus simples…

La lecture :

Facteur limitant particulièrement les élèves en début de parcours scolaire, mais pouvant persister. Plus le lecteur est habitué à lire, plus ilpeut se concentrer sur le sens et les concepts.

La lecture est tellement limitante que la plupart des personnes qui ont de sérieux problèmes de lecture n’arrivent pas jusqu’aux études de médecine.

Même si vous lisez de manière efficace, vous pouvez vous améliorer.

Par exemple, se concentrer sur les informations importantes, ne pas lire l’intégralité de chaque article ou chaque chose que vous lisez.

Internet et les livres comportent une quantité d’information gigantesque, et le fait de sélectionner les informations utiles est un énorme gain d’efficacité.

L’informatique :

L’informatique et les logiciels évoluent chaque année.

Outre les médecins qui n’ont pas eu l’habitude de travailler avec l’ordinateur, il y a les réticences à l’utiliser, une vitesse de frappe lente au clavier, une mauvaise connaissance des logiciels (qui de plus peuvent changer)…

A ce moment, des cours d’informatiques / dactylographie permettent d’améliorer la vitesse d’exécution de tâches simples et d’utiliser les logiciels plus efficacement (Tableurs Excel, fonctions de word, etc…). Simplement prendre le temps de comprendre les fonctionnalités entières d’un logiciel (souvent négligé dans un prise de poste) permet de gagner un temps précieux à l’avenir.

L‘organisation et la méthodologie :

L’organisation a pour but de changer les conditions de travail pour gagner en efficacité. Cette efficacité vous donnera soit plus de travail accompli, soit plus d’énergie pour faire la même quantité.

Une action peut être facilitée ou compliquée selon le temps et le contexte, et les mots d’ordres sont : CRAMP

  • Continuité : Ne pas être interrompu
  • Regrouper : Faire les tâches de même type dans le même temps.
  • Accessibilité : Avoir près de soi toutes les ressources importantes pour travailler, préparer les actions et les documents.
  • Multiplier : Automatiser les actions qui doivent être répétées.
  • Pauses : Prendre des pauses au moment où l’on n’est plus efficace.

L’organisation, complexe, nécessite en général une coopération et un dialogue avec la hiérarchie / les cadres / les collègues, ou une possibilité d’action sur l’environnement.

  • On s’isole pour ne pas perdre sa concentration : On éteint son portable / ses notifications, on met un casque ou des boules Quies pour ne pas être dérangé par le bruit. On prévient l’entourage (Autres médecins, infirmières, secrétaires etc) qu’on ne souhaite pas être dérangé, et on définit avec les situations et les moments où l’on peut l’être.
  • Avoir un bureau calme et rangé, avec les informations utiles directement accessibles.
  • Faire une liste avec des actions claires, planifiées et priorisées. On regroupe les actions de même type (Par exemple, les 3 coups de téléphone successivement puis les 2 comptes rendus à faire) lorsque les les urgences ont été traitées.
  • Séparer la réflexion et l’action : Chaque action ne doit pas être remise en cause ou rediscutée au moment de sa réalisation. Quand elle est marquée sur une liste, rien ne doit arrêter sa réalisation (sauf quelque chose de plus urgent).
  • Simplifier les tâches pour ne les réaliser qu’une fois : Faire des comptes rendu « type » pré-remplis, finir complètement une tâche avec sa vérification pour ne pas avoir à ne refaire…
  • Et bien d’autres encore !

Questions pour le lecteur :

Avez-vous des facteurs limitants ?

Quels facteurs limitants auriez-vous ajoutés à cette liste non exhaustive ?

Si oui lesquels, et quelles actions pouvez-vous mettre en œuvre pour améliorer ces facteurs ?

Renforcer sa motivation en médecine

Apprendre comme pratiquer la médecine demande du temps.

Du temps « efficace », pendant lequel on est concentré, et pendant lequel le fait de se sentir bien permet d’aller plus loin et plus vite.

La motivation est un des carburants qui permet d’utiliser ce temps pour progresser.

Voyons quelques éléments qui peuvent influencer la motivation.

1) Le pourquoi.

Un pourquoi est fort quand il vous touche profondément, qu’il est en lien avec votre identité, votre personnalité.

Le pourquoi, c’est le rêve, ce qui vous met en joie, ce qui vous fait vibrer

Comment agir sur le pourquoi :

  • Prenez quelques minutes pour vous questionner et réfléchir sur le pourquoi vous faites ce que vous faites. Qu’est ce que la médecine et les études vous apportent ou vont vous apporter ?
  • Il est nécessaire de se rappeler régulièrement ce pourquoi, que l’on peut perdre de vue sous la pression.

2) L’investissement en temps et en énergie :

Même quand on aime travailler, cela demande de l’énergie et du temps.

Même si l’on sait pourquoi on travaille, votre motivation dépendra également de votre niveau d’énergie.

Pour conserver votre énergie :

  • Améliorez votre récupération d’énergie : Reposez vous, faites des pauses, faites des activités qui vous ressourcent.
  • Diminuez votre perte d’énergie : Facilitez les actions et trouvez un moyen de travailler plus efficacement, organisez vous, faites des pauses.
Améliorer son efficacité et se reposer permet de rester en forme et motivé

Comment agir sur l’investissement en temps et en énergie :

Améliorer l’efficacité de votre apprentissage : Faites autant avec moins d’effort, ou plus avec le même effort : Dormez, définissez vos Objectifs , Clarifiez votre apprentissage, Testez-vous, Organisez votre travail, Répétez (Voir les 6 piliers de l’apprentissage).

L’efficacité (= Obtenir plus de résultat en un temps donné) est le meilleur moyen de garder la motivation en évitant d’accumuler la fatigue.

3) L’utilité : Le fait de produire quelque chose à partir de l’apprentissage.

Il faut vraiment être passionné pour apprendre quelque chose qui n’a pas d’utilité directe ou visible.

Simplement parce qu’il n’y a pas de sens. Les passionnés trouveront un sens « interne », sans avoir besoin d’application ou d’utilisation concrètes.

Si un sujet ne vous passionne pas, augmentez son « utilité ».

Le but est d’avoir des pensées plus motivantes et positives en lien avec l’apprentissage

Prenons un exemple hors médecine :

Seriez-vous plus intéressés d’apprendre l’Anglais ou le Suedois ?

Et pour quelles raisons ?

Que ce soit une langue ou l’autre, l’utilité dépendra de votre entourage, de votre histoire, de votre volonté de voyager dans le pays, des opportunités personnelles et professionnelles que cela vous donnera.

Mais vous pouvez également enrichir cette utilité pour vous motiver.

Ainsi si l’on vous « impose » d’apprendre le suédois, c’est le moment de trouver des amis suédois, de regarder ce qui pourrait vous intéresser lors d’un voyage en Suède, d’en apprendre plus sur la culture suédoise. Tout ce qui pourrait vous accrocher à l’apprentissage.

L’utilité d’un savoir n’est pas toujours évidente d’emblée. Chercher l’utilité d’un savoir est un bon moyen d’augmenter sa motivation en donnant lui du sens.

Utilité d’un savoir médical :

  • Soigner des patients (Grande révélation !). C’est quand les savoirs sont éloignés de votre vision du soin qu’il faut se trouver des éléments d’accroche.

Quand une maladie que vous considérez rare ne vous intéresse pas, apprenez en priorité ce qui vous concerne. En tant que médecin généraliste, il est probablement plus pertinent de savoir les actions importantes à faire devant une polyarthrite (Plusieurs articulations gonflées) que de connaitre la classification des types d’atteintes rénales du Lupus que vous ne traiterez jamais. C’est déjà une première étape qui vous permettra d’appréhender mieux la suite…

  • Partager : Enseigner, expliquer, vulgariser, promouvoir. Tout le monde est intéressé par la santé. Donc tout ce que vous apprenez peut potentiellement enrichir les conversations avec vos proches (même non médecin).
  • Créer : Personnellement, le savoir médical me permet d’inventer des histoires et des scenarios de jeu en rapport avec la biologie et la santé. Mais d’autres peuvent également utiliser ce savoir pour dessiner, créer des vidéos, écrire des histoires, sculpter des maquettes…
  • Impact personnel : Le fait d’apprendre, de retenir des concepts, de voir des nouvelles choses vous stimule intellectuellement ? Vous permet de vous challenger ?

4) La conscience de progresser et de réussir :

Vous êtes efficace, reposé, vous trouvez une utilité à ce que vous apprenez.

Mais malgré tout, avec le stress et la montagne que vous avez devant vous, vous avez l’impression que vous n’y arriverez pas, que c’est impossible. Les émotions négatives vous montreront que le mauvais côté de la réalité.

A ce moment, il sera bon d’avoir des critères « objectifs » d’évolution. Des sortes de preuves que vous progressez, et vos efforts valent quelque chose.

Ce que j’appelle des « Balises », dont la chronologie vous permettra de voir l’évolution positive.

Noter ses difficultés et ses réussites pour voir sa progression renforce la motivation.

Il est important d’être le plus « objectif » possible avec ces balises.

Par exemple, « Je ne comprend rien à l’hématologie » (marqué dans la balise numéro 1) n’est pas clair.

L’on risque tous de se dire un jour que l’on ne « comprend rien » suite à un échec ou à une mauvaise expérience.

Il faut préférer quelque chose du genre « Je n’ai pas pensé à la carence martiale lors d’un cas clinique avec une anémie ».

Collectionner

  • Gardez des anciens comptes rendus médicaux. Voyez à quel point vous avez progressé au cours de l’apprentissage.
  • Gardez les réponses de cas cliniques que vous avez faits anciennement. Les notes ne vous apprendront rien seules, prenez vraiment les réponses et leur sens.

En conclusion :

La motivation est indispensable et sera mise à rude épreuve durant les études de médecine.

  • Trouvez et gardez en tête les raisons qui font que vous travaillez en médecine.
  • Améliorer son efficacité d’apprentissage est un moyen de préserver votre énergie, et donc votre motivation.
  • Chercher les utilités supplémentaires aux savoirs permettra de donner du sens à votre apprentissage.
  • Garder des preuves de votre évolution positive permet de rester motivé malgré les difficultés.