Coaching et dérives

Le fait qu’un client envisage de faire un coaching suppose le fait qu’il ait une « demande ».

Le client peut vouloir notamment progresser, s’améliorer, se « dépasser« , « réussir« , « exceller« .

Positif n’est-ce pas ?

Mais les moments pendant lesquels on aimerait aller vers le positif peuvent être des situations difficilement vécues.

Une mauvaise nouvelle, une maladie, un changement de situation professionnelle, l’impression de ne pas être épanoui, des souffrances et remises en questions diverses…

Cela veut dire que, potentiellement, les futurs coachés seront dans un moment de vulnérabilité, et que des gens malintentionnés peuvent en profiter.

Il me parait bon alors de vous exposer quelques mises en garde.

Tout le monde peut dire qu’il est coach
(et c’est un problème) :

Malheureusement, tout le monde peut se proclamer Coach (vous ou moi par exemple) sans avoir eu de contrôle. Il en est de même pour les termes de « thérapeutes » pas tous réglementés.

Concernant les « diplômes », ils peuvent être décerné après une formation qui se veut sérieuse. Mais en l’absence de contrôle on ne peut pas être sûr de leur validité, efficacité et leur positionnement éthique.

Malheureusement, les gens mal-intentionnés n’ont pas toujours d’étiquette ou de chapeau.

Il y a parmi les coachs :

  • Des gens bienveillants qui veulent aider des personnes à cheminer vers leurs objectifs. Ils s’assurent de respecter leurs clients et de travailler à être efficaces au quotidiens.
  • Mais aussi d’autres personnes qui ont moins de scrupules, qui utilisent la position de fragilité des personnes pour leurs propres intérêts, ou qui ne vérifient pas la pertinence/efficacité/sécurité de leurs procédés.

De ce fait, les termes « Coach » ou « coaching » sont devenus des termes qui doivent susciter de la méfiance.

Le coaching ce n’est pas de la magie :

On peut voir dans le domaine du développement personnel, des théories multiples avec des pensées magiques, la loi de l’attraction, des utilisations de concepts qui se veulent « neuro-scientifiques »… qui attirent le public par le sensationnalisme.

Même si l’on trouve beaucoup de ces théories trompeuses dans le champ du « coaching », le coaching n’est pas cela.

Le coach n’aidera pas son client à :

  • Modifier son cerveau pour développer des capacités surnaturelles ou hors du commun basées sur des fausses théories dites neuroscientifiques.
  • Changer le futur avec des forces inconnues et invisibles pour qu’il corresponde aux attentes du coaché.
  • Trouver le succès grâce à des pouvoirs spirituels, naturels, énergétiques, ou divins.
  • Analyser les conséquences hypothétiques des générations antérieures sur le présent.
  • Comprendre une origine émotionnelle, spirituelle, morale à une maladie physique ou mentale pour pouvoir s’en guérir.
Certains discours peuvent paraître incroyables et d’autre plus crédibles et plus difficiles à identifier.
Méfiez vous de ceux qui disent ce que vous voulez entendre.

De mon point de vue, tous les exemples ci-dessus sont des signaux d’alarme, à risque de charlatanisme, d’abus de faiblesse et de mauvaises décisions.

Dans le coaching, pas de magie, pas de miracles, pas de pouvoirs.

Le coaching ne soigne pas de maladie :

Vu que jusqu’à 40% des signalements concernant les dérives sectaires concernent les problèmes de santé (Chiffre de la MIVILUDES), c’est un point crucial à exposer :

Lorsque l’on est atteint d’une maladie, rien ne remplace un traitement conventionnel par une équipe de soins médicaux aux méthodes validées par la communauté médicale et scientifique.

Cela veut dire que l’on accompagne comme les autres les gens qui ont ou ont eu une maladie, mais aucun coach ne devrait avoir la prétention de pouvoir soigner.

Si la demande du client est d’être soigné, un coach devrait avoir l’éthique de refuser cette demande.

L’avis d’une poignée de personnes ou de témoignages, même si ce sont des amis, des personnes sincères, bienveillantes et que cela vous parait être « évident », « du bon sens » n’est JAMAIS plus solide qu’un consensus scientifique.

A gauche : Recommandations faites par des groupes d’expert prenant en compte un grand nombre de données.
A droite : le discours populaire, les rumeurs répandues et les affirmations sans base scientifique.
Faites le bon choix quand vous décidez de votre santé…

Je vous conseille de jeter un œil au site de la MIVILUDES (organisme de lutte contre les dérives sectaires) qui expose les discours et les approches principales des dérives sectaires dans le cadre de problèmes de santé.

« Dérives sectaires »

La dérive sectaire ne réside pas dans le caractère « spirituel » ou en lien avec la religion mais plutôt sur les conséquences sur l’individu.

L’approche peut être progressive, et ressembler au début à quelque chose de rationnel, une « science exacte », et « peu coûteuse ».

Mais final vous, on vous prendra au moins une de ces 3 choses :

  • Votre pensée (Mind), en vous incitant à ne penser que d’une certaine manière et en manipulant votre psychologie. Cela peut vous amener à faire de mauvais choix pour vous.
  • Votre argent (Money), avec une méthode qui sera bien plus coûteuse que ce qu’elle vous apporte.
  • Votre environnement social et votre lien avec la société (Social environment/Society), en vous enfermant/vous mettant en garde contre votre environnement, la société, vos amis, vos collègues, vos hobby, votre travail…

    Pour se rappeler en résumé de ce que les dérives sectaires vous prennent, on peut utiliser l’acronyme MMS pour « Mind, Money and Social environment/Society ».
Le problème est que les « mauvaises réponses » aiment se faire passer pour de « bonnes réponses »…

Comment en tant que Client-Coaché,
je veille à ma sécurité :

1) Je me pose la question « Ma problématique serait elle mieux traitée par un professionnel de santé ? ».

Je me répète mais la santé physique ou mentale est trop importante pour perdre du temps ou des chances d’aller mieux en refusant les moyens qui ont fait preuve de leur efficacité.

Pour les problèmes de santé, la meilleure décision est d’être pris en charge par un professionnel de santé conventionnel : Médecins, Psychiatres, Psychologue.

Si quelqu’un vous met en garde contre les traitements conventionnels, c’est un signe qu’il vaut mieux ne pas lui faire confiance.

2) Je regarde si le coach a posé les limites du processus :

  • Un nombre de séances défini à priori (limite de temps) qui évite la survenue d’une relation de dépendance.
  • Une demande définie à priori, pouvant être clarifiée au cours des premiers entretiens. Le coaching se tient à cette demande seule.
  • La relation avec le coach ne dépassera pas les entretiens du coaching.
    Il ne faut d’ailleurs pas être coachés par ses connaissances, amis ou les personnes qui sont dans l’entourage. A la fin du processus, le coach et le client ne dialoguent plus.
  • Si les résultats vendus paraissent extraordinaires ou irréels, ce n’est pas du coaching.

3) Je remets en perspective le prix du service avec ce qu’il m’apporte:

N’étant pas un service miraculeux, son prix ne devrait pas être « miraculeusement cher ».

Pour faire nous acheter des choses qui n’ont aucune certitude d’être à la hauteur de ce que nous voulons vraiment, des techniques de manipulations courantes sont utilisées : Faire croire à une bonne affaire, dire que c’est sécurisé et que beaucoup d’autres y ont trouvé leur bonheur…

Un prix très élevé pour « passer au niveau supérieur » ou pour « dépasser ses limites » et « obtenir des résultats incroyables » n’est pas un argument d’efficacité…
Mais plutôt un signe d’alerte disant : « Méfiez-vous ».

4) On rédige un contrat clair et précis sur le cadre du coaching lors de la première séance.

Notamment il doit y figurer :

  • Que le coaché peut arrêter à tout moment le processus et que les séances ne sont pas payées en avance. Il est difficile de sortir d’un processus déjà enclenché, et d’autant plus si vous avez investi de l’argent dedans.
  • Le prix des séances pendant tout le processus doit être clair.
  • Le code de déontologie et les principes éthiques du coaching.

En conclusion :

  • Le coaching n’est pas miraculeux ou magique, il s’agit d’entretiens qui permettent un cheminement de réflexion et l’élaboration d’un plan d’action par le client / pour le client.
  • Le coaching ne permet pas de guérir, ne remplace aucun traitement ou soin par un médecin, un(e) psychologue, ou autre soignant qui se repose sur des pratiques conventionnelles.
  • Les dérives sectaires : Au début un aspect « crédible » et « modéré » et finissent par vous imposer de payer cher, de vous éloigner de votre vie et de votre environnement ou de penser strictement d’une certaine manière.
  • L’appellation « coach » n’est pas réglementée, et certains « coachs » peuvent être malintentionnés, donc méfiez-vous !